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Les outils de la finance participative sont peu connus des collectivités et des acteurs du développement économique territorial. Helène Le Teno lève le voile.
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Régions, départements, agglos … que faites-vous des outils de la finance participative ?

Hélène Le Teno est la Directrice Entreprises d' Auxilia .

Saviez-vous que la finance participative représente en France plus de 300 millions d'euros collectés en 2015 et est toujours en pleine croissance, que plus 2 millions de français ont soutenu un projet sur une plateforme, et qu'ils ont contribué à faire éclore plus de 17 000 projets ?*

En pratique, les outils de la finance participative sont assez peu connus des collectivités et des acteurs du développement économique sur les territoires, et quand ils le sont, se pose alors la question des modalités les plus adaptées pour s'en saisir.

La palette des outils de la finance participative est large : finance participative en don, en prêt, pour l'investissement en fonds propres, et depuis peu, également les bons de caisse pour la gestion de trésorerie... et l'on peut bien logiquement trouver difficile de définir la bonne marche à suivre.

Les curieux trouveront de nombreux exemples dans une excellente cartographie des partenariats territoires/acteurs de la finance participative (avec plus de 20 exemples détaillés), éditée en juin dernier à l'occasion d'une journée dédiée au Sénat.

Les choix de ces collectivités ont été fait en cohérence avec leurs compétences : développement économique (régions et acteurs spécialisés tels que des CCI ou InitiativeFrance), cohésion, solidarités, vie locale... et aussi avec le souhait d'explorer de nouveaux moyens d'actions.

Spécifions certaines motivations -très diverses - des collectivités:

  • développement économique, auprès de toutes les cibles : porteurs de projets en émergence, acteurs de l'ESS, PMEs du territoire... avec bien souvent l'intérêt (voire l'impératif) de capter et flécher la richesse locale (épargne des ménages) pour qu'elle puisse être réinvestie dans le territoire
  • impasse budgétaire amenant à compléter les financements de certaines actions. Citons une nouveauté : la possible de collecter directement des fonds destinés à l'action publique - le décret de décembre 2015 permet désormais aux collectivités et à leurs établissements de confier l'encaissement de recettes relatives aux revenus tirés d'un projet de financement participatif au profit d'un service public culturel, éducatif, social ou solidaire
  • communication renouvelée et dynamiques participatives autour de petits projets locaux
  • meilleure acceptation et inclusion de projets impactants dans le territoire, avec un meilleur partage de la valeur créée (ex : refinancement citoyen de projets d'énergies renouvelables par des obligations vertes souscrites par les citoyens via une plateforme spécialiste - Lumo, labellisée « B Corp »)
  • inclusion et solidarités, avec par exemple 1001pact
  • développement rural , directement auprès d'agriculteurs et d'acteurs de la transformation (avec BlueBees ), ou auprès d'autres acteurs en zone rurale (typiquement, dans les Parcs Naturels Régionaux ou dans les TEPOS - territoires à énergie positive)

Les impacts des outils numériques de la finance participative vont bien au-delà d'un effet d'annonce : ils permettent de reconnecter de manière horizontale tous les acteurs (citoyens, acteurs économiques, territoires), de financer bien souvent des projets « petits et diffus » souvent exclus des canaux habituels, de redonner du pouvoir au citoyen tout en ayant un excellent effet de levier de l'investissement public - par définition très faible car les plateformes existent déjà....

Dans un futur proche, et puisque la révolution numérique impacte tous les secteurs, y compris le champ politique, nous anticipons la connexion entre certains outils de la civictech avec ceux de la fintech : en clair, comment accélérer un renouveau démocratique participatif via le financement par la foule des projets « sourcés » ou « choisis » par la foule... et comment forger une nouvelle zone de contact entre la légitimité des urnes et les choix des internautes « par le clic »....

L'attente des présidentielles 2017 puis des législatives ne doit pas conduire au ralentissement de l'action sur les territoires, bien au contraire ! Cela peut être l'occasion de se saisir de nouveaux outils numériques pour agir localement avec efficacité. Il semble à la fois utile et urgent de favoriser l'échange autour de ces expériences, et d'encourager les territoires à se saisir de ces nouvelles opportunités.

* Baromètre crowdfunding 2015

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