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Bruno Marzloff et Julie Rieg portent un regard curieux et critique sur la data, à l'image de Dominique Cardon dans son ouvrage A quoi rêvent les algorithmes.
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Regard critique sur les données et autres miscellanées

A l'image de Dominique Cardon dans son ouvrage A quoi rêvent les algorithmes (retrouvez une fiche de lecture vocale et animée ici ou à la fin de ce billet), Chronos a toujours porté sur la data un regard curieux et critique. Notre cabinet d'études sociologiques et de prospective a eu l'occasion avec la Fing et un ensemble de partenaires d'explorer l'irruption de la data dans le champ social. Nous parlions alors de "l'éditorialisation de la ville", concept développé dans l'ouvrage "Le 5e écran. Les médias dans la ville 2.0" (Fyp éditeur, 2009). Cette éditorialisation célébrait l'instauration de dialogues sociaux inédits via ce nouvel et étrange objet sociologique - les réseaux sociaux. Elle intégrait aussi l'émergence de "l'appareil urbain" de production des données (smartphones, caméras, capteurs, etc.) et pressentait dès lors l'irruption de ce qu'on ne nommait pas encore le "big data" mais dont on préfigurait la vague.

Cette curiosité a conduit Chronos, associé à l'agence Le Hub, à pousser l'exploration des enjeux de la data dans un programme passionnant, Datact qui a réuni - en trois "saisons" et autour de ses ateliers - une quarantaine d'acteurs, grands comptes, start-ups et collectivités. Nous y avons fait émerger des concepts qui visent à dépasser le cri incantatoire de "l'open data" et explorer la suite de l'histoire, dont la régie de données territorialequi a fait l'objet d'un numéro spécial dans la Gazette des Communes (Concevoir une régie de données territoriales, Vers une nouvelle fabrique de services urbains, 2014).

Nous ne pouvons désormais plus nous dérober à l'injonction "d'opérationnaliser" la data, de favoriser au mieux sa circulation, d'intensifier ses produits, de mobiliser intelligemment ses acteurs et d'asseoir ainsi le socle d'une production de services où s'écrira le destin de la ville intelligente, ou de la ville servicielle puisqu'il faut bien incarner cette intelligence. Nous poursuivrons cette quête avec les membres du Groupe Chronos et avec les clients du cabinet pour ouvrir de nouveaux fronts sur ces sujets.

Dans le même temps, fidèle à notre expertise d'investigation sociologique et prospective, nous nous interrogeons avec d'autres sur l'arrivée de la "social data science", ou science de la donnée sociale. Julien Gaffiot, sociologue, qui nous fournit une première tribune (à lire ici ), évoque cette provocation de Chris Anderson - "What can science learn from Google ?". Quand l'annonce du jour est la première défaite du champion du jeu de Go face au programme de deep learning DeepMind de Google, on se dit que cette citation du journaliste américain n'est peut-être pas une blague. Ces intelligences, dont nous entrevoyons aujourd'hui la puissance, repose en grande part sur la data et ses maîtrises. Dès lors, Chronos se doit et nous devons à nos membres et à nos clients d'en explorer les fondements, d'en dessiner les possibles et d'en extraire à notre mesure les enseignements. Dominique Cardon dans A quoi rêvent les algorithmes tient un propos similaire : il démontre à quel point la société numérique est instrumentalisée jusque dans les algorithmes et les données produites, nécessitant de prendre en compte les jeux de pouvoir et les intentionnalités des acteurs du web pour réaliser des analyses statistiques pertinentes.

Voyez vous-même par ici :

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