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Chronos est partenaire du festival Autonomy, à la Villette. Retour sur la conférence sur "Catalogue", initiative open source, open data portée par Transdev.
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[Autonomy] - "Catalogue" entend "ouvrir" en grand la scène de la data mobilité

Chronos est partenaire du festival Autonomy, qui se tient au 7 au 9 octobre à la Villette. L'équipe se mobilise pour vous retranscrire le meilleur des conférences.

"Catalogue" ! Encore un objet bizarre comme le salon Autonomy a su en produire lors de cette première édition à La Villette. "Catalogue" ! On hésite à nommer l'objet après avoir écouté son directeur Gilles Betis : la boîte de Pandore des nouvelles mobilités ? une caverne d'Ali Baba des ressources "en commun" de l'urbain ? un bac à sable des datas de déplacements ? un forum des providers ? une foire aux API et aux standards ? ou une vitrine des applications et services ? A moins que ce soit sa communauté qui définira le mieux ce projet ? C'est tout cela à la fois ... ou plutôt ce sera. Le projet bien calé reste en devenir, puisque la conférence de ce jour était le coup d'envoi. L'avenir nous dira.

Le site est prêt . Il fonctionne avec déjà suffisamment de data en place pour donner à voir ce qui attend les protagonistes de la filière dans les développements à venir ; au moins son esquisse. On peut charger (upload) des données en spécifiant leur statut et leur licence. On peut à l'inverse les décharger (download) en souscrivant à la licence de chacun des fichiers. On est sur un périmètre sans limite géographique, et même extensible hors des transports, puisque les tiers-lieux par exemple participent des mobilités en les modérant. Pourtant les promoteurs savent déjà que le site sera amené à évoluer très vite pour s'adapter à une demande encore ... incertaine.

La promesse ? On vous la livre brut de décoffrage, telle que l'adresse - en .global, s'il vous plait ! ( http://www.catalogue.global/ ) - la formule à l'écran du site. Excusez du peu ! L'ambition est considérable.

And now, ladies and gentlemen, scroll down !

"Catalogue". C'est qui ? L'opérateur international de transport Transdev est à l'origine du projet. Plus précisément la Digital Factory du groupe. Mais l'opérateur a confié le bébé à d'autres. Le projet a été propulsé dans une association dont Transdev est membre fondateur aux côtés de La Fabrique des Mobilités, de OuiShare et de la Caisse des Dépôts. Ce beau tableau de partenaires garantit a priori une neutralité nécessaire dans la gouvernance du difficile équilibre d'une plateforme qui entend s'adresser à tous. Mais c'est aussi un exercice subtil, plein d'envies et de chausse-trappe.

En fait, Catalogue est l'expression d'une réflexion stratégique qui dépasse la question des transports pour considérer le cadre qui sous tend désormais cette industrie comme tant d'autres, la data. La politique de l'autruche n'est plus de mise. Repliés sur leurs données depuis des décennies, les acteurs des mobilités réalisent que la valeur des données réside à la fois : dans leur dimension dynamique (et non plus en stock, la donnée temps réel, l'information prédictive), dans leur intégration (la valeur croît avec l'intensité des croisements qui enrichissent les contexte et l'historique), et dans les intelligences (la qualité de la donnée, la pertinence des API, sans oublier les algorithmes) qui les accompagnent.

On peut ajouter que les opérateurs sont aussi un peu vexés de considérer la valeur considérable créée par les puissances du numérique sur les data-services, alors que pour ces mêmes opérateurs, la gestion de la data est un poste de coût. On comprend alors mieux cette volte-face : "Autant être de la partie dans l'audace, et ne pas subir", dit Gilles Betis.

Il était en effet temps de réagir, de renverser la table, de chercher un autre construction de la valeur. D'où cette initiative, surprenante, à rebours radical de décennies de rétention de l'information. Désormais le mot d'ordre dans la donnée de mobilité est à l'ouverture et au partage. Il n'y a rien d'angélique là-dedans, mais de la lucidité. Ce virage à 180° participe de l'air du temps. La "donnée d'intérêt général" est désormais consacrée par la loi même si ce statut reste encore limité. Axelle Lemaire s'est même essayée dans les prémices de la Loi numérique à esquisser la proposition d'une donnée de bien commun. Mais le chapitre, développé avec excitation lors des débats en ligne, fut vite clos par les parlementaires et s'est évanouie des formulations finales. Ce qui n'exclut pas de rouvrir le dossier un jour ... très proche. C'est aussi le sens de l'histoire de Catalogue, si nous avons bien compris. Pour autant, de multiples interrogations subsistent et cette plateforme est aussi là pour les évaluer, et tenter d'apporter une réponse.

En tout cas, cette perspective est ouverte et accessible à tous les protagonistes qui veulent jouer de jeu - tant du côté de l'offre que de la demande, tant chez les experts que chez les usagers, les universités, les collectivités locales, les autorités organisatrices, les start-up, voire des concurrents, etc. De la "coopétition", que nous dit monsieur Betis.

Les principes qui président au projet se résument dans le cercle vertueux du très simple graphique qui suit. L'incrémentation de la donnée par les usages et l'appropriation des services sont les fondements de ce cercle.

Il reste maintenant à le faire marcher. Nous ne pouvons que saluer le geste ambitieux et lui souhaiter la meilleure route possible. Bien des questions subsistent que nous ne traiterons pas ici. Vous disposez d'outils de dialogue sur le site. Vous pouvez aussi joindre directement : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. . C'est une plateforme en-commun, alors jouons le jeu !

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