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In common we trust, une UP Conference Chronos & Auxilia

Jeudi 1er octobre 2015, Auxilia et Chronos se sont associés au Groupe SOS pour une Up Conferences sur le thème des communs. De quoi s'agit-il ? Que peuvent-ils nous apporter ? Des intervenants - chercheurs et professionnels issus du monde de l´entreprise et du conseil -,  se sont succédés à la tribune pour expliquer l´origine des Communs. Surtout, ils sont venus souligner leur intérêt stratégique pour le développement de nos territoires, dans un contexte de contraintes des ressources naturelles et budgétaires.

Pour découvrir (ou vous remémorer !) ces échanges, vous pouvez regarder la vidéo de la conférence ou plongez dans le vif du débat grâce au fil des meilleurs tweets ! En poursuivant la lecture de cet article, vous accéderez à une synthèse de la conférence.

Les communs, bref retour historique

"Les communs ne datent pas d'hier", nous a précisé d'entrée de jeu l'économiste Benjamin Coriat. Dans la campagne anglaise préindustrielle, l'essentiel des terres étaient des « commons » dans lesquels les villageois pouvaient s'alimenter en ressources via leur travail, et trouvaient leur équilibre à travers un ensemble de règles : droit de glanage, de pâturer, de prélever de la tourbe, etc.

Au 19e, la très rapide industrialisation, et l'urbanisation associée, ont marqué le développement de la propriété privée et l'émergence d'un nouveau mode de gouvernance des biens communs basé sur le capital et une logique productiviste.

« Tout privé » ou « tout public » ?

Du dérèglement climatique à la dégradation accélérée des sols, les exemples de (très) mauvaise gestion de certains biens communs, aujourd'hui, ne manquent pas. Faut-il incriminer la seule extension du domaine de la propriété privée ? Ce serait renoncer à comprendre la complexité des gouvernances et faire peu de cas du potentiel d'innovation dans ce domaine, commente Bertil de Fos, directeur d'Auxiia.

C'est en faisant le constat qu'« il n'y a de constant que le changement » et que ce dernier est déjà à l'oeuvre avec le retour des "communs" ,ces ressources - matérielles ou immatérielles - partagées, dotées d'une structure de gouvernance et dont l'usage est lié à des droits et à des obligations, que l'on peut saisir l'engouement grandissant que l'on observe pour cette notion.

3ème Révolution industrielle, partenaire logique du « retour des communs »

Car nous sommes désormais largement entrés dans la troisième révolution industrielle (dépeinte par Jeremy Rifkin). La société basée sur le carbone (charbon, puis pétrole) bascule vers une société basée sur le silicium (solaire, data principalement).

Les infrastructures « physiques » anciennes (grandes usines, grandes centrales énergétiques, etc.) sont progressivement remplacées par le couple « petites unités de production » (d'énergies, de biens manufacturés) - « infrastructures numériques » (data center, réseaux de circulation des données).

Ce développement technologique s'accompagne également de changements sociopolitiques. D'un système de pouvoir pyramidal, typique des infrastructures massives, capitalistiques de la 2e révolution industrielle, on en revient à des organisations horizontales , typiques des infrastructures diffuses de la 3e révolution industrielle.

Les communs, c'est donc le retour de ces communautés qui se rassemblent horizontalement autour d'un projet commun, celui de la co-création, du partage et de la co-préservation de ressources - matérielles ou immatérielles - qui leurs sont utiles . Les communs, c'est aussi un revers (historique) de l'individualisme forcené et le constat que des communautés sont capables de définir et de faire exister des droits et des obligations qui leur permettent de créer et de préserver des ressources.

Le numérique, porteur du développement de communs

Pour Valérie Peugeot, chercheuse chez Orange Lab et présidente de VECAM , le numérique, via la déterritorialisation des communautés qu'il permet, est porteur d'un grand nombre de projets pour créer et gouverner des communs.

OpenStreetMap, par exemple, fédère 2 millions de contributeurs qui produisent via le web des données cartographiques numérisées et partagées qui peuvent ensuite revêtir plusieurs utilités communes. Comme le souligne Gaël Musquet , président d'Open StreetMap France, elles peuvent notamment servir à :

  • faciliter la gestion de situations d'urgence : interventions rapides et optimisées des pompiers et services de secours aux bons endroits en cas d'évènement extrême (Cf. SAMU Normandie), maîtrise constante des coûts des services de secours dans un contexte de contrainte budgétaire ;
  • mettre en place de plans d'anticipation de gestion de crises grâce à la localisation des infrastructures physiques, des infrastructures naturelles, des zones d'activités économiques.
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