Temps réel – Etude de CEREMA sur l’Opendata (Congrès ATEC ITS France)

29 01/2014 de Julie Rieg

Restitution de la présentation de Laurent Chevereau et Nicolas Jouve de CEREMA lors de l'atelier "acteurs, partenariats et modèles économiques" lors du Congrès ATEC ITS France « Les Rencontres de la mobilité intelligente  » et questions soulevées par Chronos.

 

Laurent Chevereau et Nicolas Jouve de CEREMA présentent une étude réalisée en 2013 sur l'Opendata avec un focus sur la mobilité. L'étude interrogeait les stratégies possibles pour les collectivités et leurs besoins face à l'ouverture des données publiques. Pour ce qui est de la méthodologie, CEREMA a réalisé une analyse bibliographique, une analyse des plateformes des collectivités et des entretiens avec des acteurs qui ont contribué à la mise en place de plateformes Opendata dans huit collectivités françaises (développeurs, associations, collectivités, opendatafrance, etc.).

 

Premier constat : la mobilité est un thème phare sur ces plateformes.

Ce secteur est quasiment toujours représenté dans les données réutilisables. Pourquoi ? Car cela permet de répondre à un besoin des citoyens d'accès à la mobilité, et de développeurs qui souhaitent construire des services innovants.

 

Deuxième constat : les apports de l'Opendata sont nombreux.

L'Opendata permet plus de transparence de l'action publique et donc un renforcement de la confiance des citoyens via-à-vis des acteurs publics ; une meilleure attractivité territoriale (implantation d'entreprises sur le territoire) ; la réunion d'acteurs à différentes échelles autour d'un projet commun ; un décloisonnement des services au sein des collectivités et entre les collectivités (de l'échelle régionale à l'échelle communale).

Autres apports, et non des moindres, l'Opendata peut permettre l'émergence d'un système de coproduction entre la puissance publique, le secteur privé et les citoyens, et des gains économiques de part l'externalisation de la production de la puissance publique vers le secteur privé sans oublier les externalités positives pour le territoire.

 

Troisième constat : Si les apports sont nombreux, l'Opendata pourrait croître plus vite (voir la liste des collectivités qui ont ouvert leurs données en France ).

Les freins sont internes à la structure (résistance au changement de la part des décideurs et des techniciens) et liés à la méconnaissance du coût et du temps pour développer la plateforme (le problème étant qu'il est difficile de les mesurer et qu'ils sont variables d'une collectivité à l'autre). Le manque de standardisation sur les formats et les référentiels entre également en compte.

 

Quatrième constat : Il existe des stratégies différenciées d'une collectivité à l'autre.

Toulouse a d'abord mis à disposition les données qu'elle avait sous la main avant d'aller chercher des données complémentaires chez des partenaires. Au contraire, Bordeaux a sélectionné des données "fédératrices" et Nantes a choisi de mettre en avant les données de mobilité.

 

Les limites de l'étude : questions de Chronos

L'Opendata est bien considérée ici comme l'ouverture de données publiques, à tous, et gratuitement mais le croisement avec d'autres données, des acteurs privés et des individus, n'est pas considéré. Or, ne s'agit-il pas d'un pas nécessaire pour co-construire des services à valeur ajoutée ?

Par ailleurs, les freins mentionnés par les collectivités sur les plans techniques, juridiques et temporels sont-ils les vraies difficultés rencontrées ? N'y a-t-il pas davantage des questions d'ordre économique et de gouvernance ?

Quant à la stratégie d'ouverture des données publiques différenciées d'une collectivité à l'autre, on peut s'interroger sur l'efficience de ces stratégies. L'une d'entre elle prévaut-elle sur les autre ?

Enfin, l'étude interroge les plateformes de données, mais qu'en est-il des services déployés à partir des données partagées ?

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Chronos

Chronos est un cabinet d'études et de prospective dont les travaux s'articulent autour de quatre grands thèmes : les mobilités, les territoires, le numérique et le quotidien.

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