EDITO
La carte, nerf des mobilités urbaines - Quand la navigation déborde l'automobile - Effervescence sur le marché des navigations Google, TomTom et Nokia. L'étrange trio des navigations augmentées
"The city is here for you to use".
Traduction libre : "A vous de prendre possession de la ville". La
formulation est d'Adam Greenfield. Elle introduit la réflexion qui nous
conduit vers l'everyware, cet écosystème ambiant destiné à assurer une information pervasive
à tous ceux qui pratiquent l'espace urbain et qui souhaitent se
l'approprier, quels que soient leur statut et leur situation de
mobilité. Les premiers jalons de cet everyware se façonnent sur les
terminaux mobiles dédiés avant de migrer sur les téléphones mobiles,
prélude d'un dialogue de ces mobiles avec le 5e écran, extension des
médias dans la ville et d'abord au service des nouvelles mobilités.
Pourtant, cela ne suffira pas à organiser l'actualisation et l'échange
d'informations sur cette ville palimpseste. Un intrus se fait une place
remarquable dans le dispositif : la carte. Elle transforme puissamment
le jeu des acteurs.
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La carte, nerf des mobilités urbaines
Les outils de navigation sont les bras armés de cette appropriation de la ville dans le mouvement et les cartes en sont les interfaces incontournables. Depuis l'irruption de Google Maps jusqu'à l'explosion des PND ("Personnal navigation devices", autrement dit tous les terminaux embarqués dotés de GPS pour une navigation en temps réel), la carte ne cesse d'étendre son emprise dans l'univers de la mobilité. La carte est le support incontournable de l'intelligence des mobilités urbaines et des accessibilités libres à la ville (Ne cherchez plus, la carte vous trouve). Elle est aussi le passage obligé d'une information collaborative via les "mash-up", outils emblématiques du 2.0, tant sur le web que dans la ville. Il en va de la responsabilité de tous les acteurs de faire en sorte que ces cartes fassent intelligemment leur travail et la messe n'est pas dite surtout lorsqu'il s'agit de la migration vers le mobile (Don't Forget the Map : "We, as an industry, must ensure consumers know the benefits of these features and can easily access them on a consistent basis). Il en va de même des "widgets" de mobilités qui procèdent de cette même démarche (comme les widgets Vélib' par exemple) – qu'ils soient collaboratifs ou non.
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Quand la navigation déborde l'automobile
Mais pour exploiter ces informations et déployer leurs nouveaux formats et interfaces, il faut des supports. Selon le cabinet d'étude Canalys, le marché mondial des appareils de navigation pour automobile a plus que doublé au cours du deuxième trimestre de 2007, prolongeant un rythme déjà observé dans les trimestres précédents. Cette évolution conduit à des collaborations inattendues comme le rapprochement de Google et de Volkswagen (Google et Volkswagen s'associent pour créer le GPS du futur !) ou la semaine dernière de Nokia avec Renault ("La navigation est un marché neuf et à forte croissance et nous cherchons de nouvelles façons d'être présent sur ce marché. La coopération entre Nokia et un constructeur automobile constitue donc une étape naturelle", a déclaré la porte-parole de Nokia, Eija-Riitta Huovinen).
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Effervescence sur le marché des navigations
L'irruption d'un équipementier de téléphonie mobile dans le paysage de la navigation en ville sanctionne une déspécialisation de ce terminal, hier embarqué dans l'auto et désormais glissé dans la poche d'un voyageur qui a cessé d'être un automobiliste exclusif et qui attend des informations au-delà du monde de la voiture (voir la démonstration du Multimodal Access To City Help d'ATT dans l'article de l'Atelier. La multimodalité est au coeur des appareils de demain). Un autre constructeur, Motorola en prend acte : “Le GPS est une vraie demande. Cette fonction servira également à la localisation géographique piétonne en zone urbaine" (La Tribune - Des mobiles prêts à tout pour ne plus nous quitter). On se dirige donc vers une forte convergence de ces services vers les mobiles ; ce qui constitue une menace pour les navigateurs de voiture (2,7 millions vendus en 2007. Pour l'heure, le mobile ne représente que 6% du marché de la navigation. Nokia frappe un grand coup pour exister dans la géolocalisation). Cela explique la plus grosse acquisition jamais réalisée par Nokia : celle de Navteq – la semaine dernière pour 8,1 milliards de dollars quand même ! –, un fournisseur de cartes et de données géographiques. Logiquement, Nokia promet à ses clients : "Prêt à naviguer", son slogan dans une campagne d'affichage proposée dans les rues de Paris actuellement, et nouveau signe de l'effervescence d'une industrie de la navigation en ébullition depuis quelques mois et sans doute promise à des développements rapides.
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Google, TomTom et Nokia. L'étrange trio des navigations augmentées
Dans ce contexte, la carte est évidemment le nerf de la mobilité. TomTom leader des PND a fait récemment l'acquisition d'Atlas , l'autre grand acteur avec Navteq de l'enrichissement et l'actualisation des cartes. Lors de cette opération, Business Week avait spéculé sur l'achat par Google de ce seul concurrent d'Atlas afin de compléter son intégration d'information cartographique. Mais Google, devenu référentiel universel des cartes au point de devenir le support mash-up de base en a t-il vraiment besoin ? Sa stratégie est autre, mais elle s'intéresse fortement à la dimension mobile. Pourtant, il n'est pas anodin qu'un équipementier de téléphonie mobile ait brûlé la politesse à Google pour entreprendre cette intégration. Cette intégration est en effet névralgique. Google est déjà sur ce marché (Googlez mobile, googlez en ville ou encore la rumeur qui prête à Google le projet d'un Google Phone évidemment équipé d'un GPS, Et si téléphoner ne coûtait plus rien) et ne cesse d'y pousser ses pions (voir l'étonnant service Google 411 sur terminal mobile). TomTom aussi, et il édite également TomTom Map ShareTM (Avec Map Share de TomTom, les cartes GPS deviennent modifiables) qui permet aux usagers d'apporter leurs propres améliorations aux fonds de cartes (Il faudra évidemment pour ce faire systématiser la fonction GPS comme cela se passe au Japon où la plupart des forfaits incluent un usage gratuit et illimité du GPS. La Tribune, 04/10/07, "Le modèle japonais est-il transposable ?"). On retrouve là la conjugaison des données venant des fournisseurs augmentés de celles de produisent les usagers eux-mêmes (Vers une “place de marché” des déplacements ). Encore du collaboratif ? Oui, parce que c'est la condition nécessaire d'une mobilité ouverte servie par des plates-formes également ouvertes. Elle concerne bien d'autres acteurs de la ville qui ne manqueront pas de se manifester. Quelles seront les prochaines étapes ? Villes 2.0 entreprend une réflexion dans ce sens (défi "Mobilité libre et durable "). A suivre.