Chronos, 2011 dans le rétro

27 01/2012 de Léa Marzloff et Philippe Gargov

Consolidation dans le rétroviseur ! Après 2009 et 2010, 2011 est croquée en quelques 40 liens renvoyant à nos colonnes. Certains en libre accès, d'autres réservés aux membres du Groupe Chronos (marqués d'une *). Tous soulignent l'interpénétration croissante des sujets : urbanités, mobilités, travail, données, partages, intelligences, agilités... Tirez un fil et tout vient avec. Rien à faire : on ne pourra pas décrypter un sujet sans réveiller l'autre...

Chaque segment de ce récapitulatif se penchera plus précisément sur l'un ou l'autre de ces sujets, suivant ce fil rouge protéiforme qu'est la ville. Sous l'influence du travail mobile et des données numériques qui le facilitent, la ville s'ouvre à de nouvelles perspectives : revenant à toujours plus de proximités, mais aussi à davantage de souplesse pour accueillir ses propres mutations. Dans cette "ville agile" et servicielle, les nouvelles mobilités occupent évidemment une place de choix dans la recomposition des morphologies, annonçant au passage l'horizon à atteindre : celui d'une ville frugale, décomplexée mais raisonnée.

 

Le travail mobile, c'est aussi la ville

Le plus bel exemple de ces cousinages tient peut-être dans la question du travail. On connaissait la "ville-archipel", introduisons "l'entreprise-archipel" (1)... Le vocable, associé au travail mobile, interroge les dispersions spatiales dont le travail assure la matrice. Il soulève la question urbaine, la transformation des espaces dans les creux de la ville (2) et l'arrivée des stations de mobilité. Quel chantier attend les acteurs publics ou privés (3), les collectivités ou même les salariés (4) ? Ce changement de paradigme (5) mûrit depuis des années. Il devrait enfin exploser à l'aune d'une cité des services nourrie aux hormones de la data (6)...

(1) L'entreprise en archipel*
(2) Tiers-lieux, un dossier d'intelligence économique de Chronos (étude)
(3) Une feuille de route pour le télétravail*
(4) Le salarié dans "tous ses états"
(5) Et si on réinventait le travail ? *
(6) Le travail éclaté et les nuages

 

Data. La fabrique de la cité servicielle

"Data". Si le mot, vieux comme le monde (c'est du latin), a connu une nouvelle adolescence les années passées, en 2011 il s'impose. Cet été aura vu se clôturer le chantier Datact 1 qui laisse la place à Datact 2, son successeur jusqu'en juin prochain (1). On avait apprécié les perspectives des "intelligences urbaines", les entreprises et la puissance publique tente d'en démêler les rouages pour en imaginer des services réalistes. La définition d'un bien commun (2) n'exclut pas la recherche de modèles économiques et l'exploration du jeu des acteurs (3). Alors la ville serait servicielle (4) ? Nous n'en doutons pas. Si la tâche s'avère ardue, les bénéfices en sont considérables. Sous ses allures abstraites d'infrastructure "immatérielle" (5), la data reconfigure en profondeur l'espace de la ville et ses horizons infrastructurels et laisse entrevoir une autre économie de la ville (6).

(1) Datact et Datact 2 (chantiers)
(2) La donnée urbaine, un bien commun ?
(3) Open data : don, redevance ou vente ? et L'usager acteur et les outils du dialogue urbain*
(4) Pourquoi la ville sera servicielle ?
(5) De l'espace comme service*
(6) Forum : villes intelligentes : de quoi parlons-nous ?*

 

Hyperlocal. Les microcosmes du quotidien

"Hyperlocal". La littérature butine autour de ce néologisme, révélant progressivement une évidence, le loin n'exclut pas le proche, mais un proche malléable puisque c'est l'occurrence de mobilité qui le définit. L'hyperlocal, c'est le radar autour de ma position à un moment donné. Tout le quotidien est touché par cette mutation (1). Cette évolution donne un sens inédit aux proximités physiques (2). Ce futur hyperlocal (3) affecte les morphologies du territoire. Comment, par exemple, s'appuyer sur ce contexte pour favoriser d'autres pratiques de déplacements, en particulier piétonnes ? (4). Une ville plus désirable attend son heure derrière ce coulissement fluide des échelles du quotidien : du microcosme à la ville, et de la ville aux microcosmes (5).

(1) Le quotidien à distance, un rapport d'étude Kantar Media et Chronos (étude)
(2) Microcosmos, focale sur l'hyperlocal
(3) Le futur de la ville. Hyperlocal ?
(4) Et si on inventait la "piétonique" ?, un enjeu mis en application dans le chantier Co/opérer et informer la marche métropolitaine
(5) La capitaine d'un New York vivable et désirable *

 

La ville agile joue des temps

Corollaire : la morphologie urbaine, nourrie de cette pratique du territoire, imprime dans son ADN plus que l'évolutivité, l'agilité. Si une route peut devenir une plage (Paris Plage), pourquoi d'autres infrastructures ne feraient pas de même ? La ville rigide se dissout dans des temporalités nouvelles. Le territoire s'ouvre aux labilités, aux bricolages et aux opportunismes (1). Cela passe entre autres par une intégration plus forte de l'art dans (2), même dans ses dimensions les plus inattendues (3). Plus généralement, l'imaginaire est convoqué, et pourquoi pas le rêve (4). Au croisement des fantasmes et des réalités s'imaginent les métropoles modernes (5).

(1) Premières chroniques des villes agiles : L'essor des parklets, Eloge du hacking urbain et Poubelle la ville
(2) Le pOlau, pour un dialogue de l'artiste avec la ville
(3) Entretien avec Aglaee Degros, architecte et co-fondatrice de l'agence Artgineering*
(4) Les ingrédients de la cité intelligente
(5) Analyse du Forum Chronos "Réalités et Imaginaires des Métropoles"*

 

Mobilités. L'agilité au pouvoir

Où l'on retrouve l'entremêlement des sujets ! Encore les mobilités (Chronos oblige), mais sous d'autres parallaxe. La gare, cet "objet urbain mal identifié", en est le meilleur témoin (1). Centrale de mobilité ou coeur de ville ? Pourquoi choisir ?, répondent Gares & Connexions et la SNCF. Plus généralement, les transports débordent toujours un peu plus de leurs frontières d'antan (2), parachevant la recomposition d'une offre qui ne saurait souffrir les logiques passées (3). D'autant que l'usager n'en finit plus de gratter sa part du gâteau en contribuant, directement ou indirectement, à l'offre de mobilité sur un territoire (4). Les frontières s'estompent. On ne craint plus les contradictions apparente. Qui imaginait que la voiture devienne publique (5) ? L'agilité est aussi là, dans les innovations.

(1) La gare est un objet urbain mal identifié*
(2) L'extension du domaine du transport public
(3) Transporteurs, de la concurrence au partenariat
(4) Trois questions à Christophe Tallec, co-fondateur de Utilisacteur et Trois questions à Cédric Gepner, co-fondateur de SmartGrains
(5) Analyse du Forum Chronos - La voiture, un nouveau service public ?*

 

Auto. Du symptôme aux solutions

Quitte à se répéter, l'auto devient, malgré elle, le symptôme des empêchements du quotidien et de la ville (1). Paradoxe, elle commence à revendiquer un rôle moteur dans la transformation du paysage urbain (2). Le Carrefour des Possibles porté par Renault en fut un excellent témoin (3). S'ouvrant aux partages (4), la voiture se cherche des modèles épousant la complexité de la demande (5), alors même que celle-ci arrive à saturation (6).

(1) Les futurs de l'auto #1, #2, #3 et #4 *
(2) Tribune - L'auto au-delà de l'auto : impasses et pistes innovantes
(3) Carrefour des Possibles, deuxième "édition spéciale Renault"
(4) Entretien avec Marco Viviani, Directeur Développement et Relations Publiques de Communauto *
(5) Entretien avec Fabien Derville, Directeur Général en charge des nouvelles mobilités, Mobivia Groupe *
(6) Le "pic des voyages motorisés"

 

Demain, la ville frugale ?

Que retenir de ces chamboulement ? L'expression de Jean Haëntjens résume les chantiers qui s'annoncent : la "ville frugale", un injonction à la résilience (1). Face aux surchauffes d'un système (2), repenser la croissance apparaît comme une évidence. Beaucoup semblent pourtant l'oublier (3). 2012 se place donc sous cet étendard. Rendez-vous pour conclure sur ces tendances... en janvier prochain !

(1) La ville frugale (notes de lectures)
(2) Surchauffes
(3) De Madoff au Grand Paris*

Présentation de Chronos

 

Chronos est un cabinet d'études et de prospective dont les travaux s'articulent autour de quatre grands thèmes : les mobilités, la ville, le numérique et le quotidien.

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