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De l'espace comme service

02 12/2011 de Bruno Marzloff et Caroline de Francqueville

La conversation sur mobile de votre voisin dans le bus est sans doute l'expérience la plus symptomatique de la réflexion proposée par Adam Greenfield (1). L'espace public n'est plus le même quand y circulent des conversations, non plus seulement privées - elles ont toujours existé -, mais aussi personnelles. Son article "On space as a service" porte sur "les ressources de l'espace partagé et médiatisé par la technologie".

A l'heure du numérique ambiant, l'espace public négocie sa "part de privatisation". En clair, qu'y a-t-il à gagner (et à perdre) pour l'usager à investir un lieu public et y conduire aussi des activités privées ? En tout état de cause, l'usage des outils numériques chahute la notion même d'espace public et interroge ses partages, son urbanité et son économie. La réflexion n'est pas inutile pour les opérateurs de tiers-lieux qui hébergent de plus en plus cette population nomade connectée, ni pour la ville qui dispose là du levier d'une "ville intense", ni pour l'économie que domine le service de manière massive (voir Everything as a service).

(1) Designer numérique et essayiste, Adam Greenfield est l'un des architectes d'information les plus influents et reconnus aux Etats-Unis et en Europe. Retrouvez la traduction de son texte "Transmobility" sur le site de Chronos.

Tags : media, urbanité, temps

Elevator pitch pour un ascenseur innovant !

16 11/2011 de Julie Rieg et Philippe Gargov

Un ascenseur est-il un mode de transport ? A la fois lieu du déplacement, de la halte dynamique et de la sociabilité en mouvement, il en possède toutes les caractéristiques. C'est pourtant loin d'être aussi clair dans les représentations collectives, qu'il s'agisse des utilisateurs ou des acteurs des mobilités. C'est surtout un espace-temps curieusement négligé dans le concert de nos mobilités.

La densification des villes appelle, avec ses limites, une verticalité accrue des centres ; dans le même temps, le vieillissement et dans une moindre mesure l'obésité croissante rendent les foyers plus dépendants des ascenseurs, sans parler des poussettes et des handicaps divers qui appellent son usage.

Dans ce contexte, interrogeons la place de l'ascenseur dans le système des mobilités. Cet article esquisse des parallèles entre ce mode de déplacement et ses cousins plus ou moins éloignés, de la marche à la gare.

La ville sensible ou l’art des contestations

20 10/2011 de Philippe Gargov et Caroline de Francqueville

Lire et écrire la ville avec ses habitants, voilà le titre ambitieux d'une conférence récente donnée dans le cadre du cycle Démocratie en réseau organisé par la Région Ile-de-France.

Dans un rythme endiablé, animée par notre complice Loïc Hay, chargé de mission à l'Artesi Ile-de-France, la journée a réuni experts, porteurs de projets et praticiens de l'urbain autour de trois temps :

  • une première table ronde en matinée a permis de poser les termes des échanges (avec Pascal Aubert de l'ADELS, Florence Durand-Tornare de Villes Internet, et Stéphanie Wojcik de l'Université de Créteil)
  • une douzaine de projets innovants ont ensuite été présentés en quelques minutes chacun
  • en conclusion, trois experts ont proposé leur lecture critique des échanges de la journée : Emile Hooge de Nova7, Philippe Gargov de [pop-up] urbain et Jérôme Denis de Télécom Paritech.

En débat, l'articulation des usages numériques et des enjeux politiques qu'ils alimentent. Ont été abordées les questions de la constitution du consensus citoyen par la participation numérique, du pouvoir de cadrage cognitif et idéologique des canaux d'information, ou encore de la nécessaire démocratisation du numérique pour une numérisation de la démocratie.

Vous pouvez télécharger ici en version pdf le document d'analyse des échanges de la journée.

Le numérique, c'est la révolution du temps

12 10/2011 de Bruno Marzloff

C'est faire trop d'honneur au smartphone et à internet que de leur attribuer la responsabilité des transformations qui affectent nos quotidiens, nos villes et plus généralement nos territoires. Si le numérique est bouleversant, c'est qu'il est d'abord l'expression d'une révolution du temps. D'où tentative de réévaluation, voire de démythification du numérique et la mise en perspective du temps qu'il révèle. Le contrepoint du numérique est en effet une manière de souligner la prévalence du temps - dans une société qui bouge, chancelle, vacille.

Le texte proposé ici est issu d'une conférence donnée par Bruno Marzloff dans le colloque "Architecture et Temps" du 12 octobre 2012 (Besançon au Frac de France-Comté) et reprend des thèmes déjà développés dans une conférence lors du colloque des Temporelles organisée par Tempo et Rennes Métropole fin septembre 2011.

PARK(ing) day, notre analyse in situ

23 09/2011 de Équipe Chronos

Ce papier aurait pu se glisser dans la chronique des villes agiles. Imaginez deux tables, quelques chaises de jardin, des diables, un panier de fruits et des plants de tomates au milieu de la rue. Un décor de théâtre ? un café pop-up ? une revendication associative ? ou encore une démarche écolo ? Autant d'interprétations entendues de la part des passants lors du PARK(ing) DAY du 16 septembre, alors que Chronos avait déplacé ses bureaux, le temps d'une journée, sur une place de stationnement illégale. Nous avons eu l'occasion d'éprouver et d'observer les rapports compliqués entre les protagonistes de la rue, la difficulté à installer un tiers-lieu informel et à y travailler convenablement, les représentations spatiales des individus, ou encore le désir fort des entreprises d'investir les espaces publics. Prenez connaissance de nos analyses suite à cette observation participante.

Présentation de Chronos

 

Chronos est un cabinet d'études et de prospective dont les travaux s'articulent autour de quatre grands thèmes : les mobilités, la ville, le numérique et le quotidien.

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