Partager des retours d'expériences et susciter un débat d'idées entre experts et praticiens à l'échelle européenne : ce sont les ambitions de la Plateforme POPSU Europe. Ses travaux, initiés en 2009 sur le thème "Gares TGV et dynamiques de renouvellement urbain", se sont poursuivis en 2010 sur la question de la marche et du partage de l'espace public entre les différents modes de déplacement. Membre du comité d'experts, Chronos a accompagné cette démarche et participer à deux séminaires de travail, à Paris et Vienne, qui ont réuni sept villes européennes venues partager leurs projets et bonnes pratiques. Ce travail a donné lieu à la publication d'un ouvrage Le piéton dans la ville. L'espace public partagé qui vous est présenté dans ce dossier.
L'article complet de Bruno Marzloff et Caroline de Francqueville en téléchargement ici.
La plateforme POPSU Europe en quelques mots
Créée il y a quatre ans par le PUCA (Plan Urbanisme Construction Aménagement), la Plateforme POPSU Europe se donne pour objectifs un meilleur partage des recherches et des bonnes pratiques entre les acteurs de l'aménagement urbain. Partant de l'observation de projets urbains en cours en Europe, le POPSU cherche à analyser les évolutions de la fabrique de la ville, à renforcer les échanges entre acteurs et chercheurs de différentes disciplines, à favoriser l'approfondissement et la diffusion de connaissances au travers de manifestations et de publications.
En 2010, deux séminaire ont été organisés sur la thématique "Nouveaux modèles d'aménagement de l'espace public : la marche et le piéton et le partage avec les autres modes de déplacement." Ces rencontres se sont déroulées les 16 et 17 septembre 2010 à Paris et les 25 et 26 novembre 2010 à Vienne. À cette occasion, les villes d'Amsterdam, de Copenhague, Lausanne, Londres, Lyon, Paris et Vienne ont présenté leurs stratégies et projets sur la thématique annoncée. Du tapis rouge néerlandais, aux rues de Nørrebrogade en passant par les espaces partagés de Grande-Bretagne et d'autres encore, les deux séminaires ont permis de débattre de situations concrètes et d'imaginer des solutions appropriées.
Sollicité par le PUCA pour rejoindre le comité d'experts du projet, Chronos a contribué à la définition du programme, a participé aux ateliers de travail et partagé son analyse du sujet dans un article intégré à la publication collective finale.
L'ouvrage - Le piéton dans la ville
Si les villes ont privilégié pendant longtemps l'automobile et les transports en commun, une attention accrue est accordée depuis quelques années aux modes actifs, en réponse aux défis du développement durable et aux demandes des citadins. La prise en compte renforcée de la marche suscite moult innovations : dans la signalétique, l'équipement du piéton, les outils de navigation, le mobilier urbain, etc mais elle induit également des questionnements nouveaux. Les analyses de projets parisiens, de Lyon, d'Amsterdam, Londres, Copenhague, Lausanne et Vienne permettent d'éclairer la façon dont le piéton (re)trouve sa place et cohabite avec les autres usagers de l'espace public. Les questions liées aux rythmes de déplacement et à la lenteur, toute relative, de la marche sont également soulevées.
Dans l'article de Bruno Marzloff et Caroline de Francqueville, six thèmes sont explorés qui rendent compte des questionnements nouveaux qu'entraîne le développement de la marchabilité des territoires. Les voici présentés en quelques lignes.
L'urbanité. La marche est de plus en plus considérée comme le creuset de développement d'une ville vivable. Tandis que Londres a l'ambition de devenir "the most walking friendly city by 2015", Copenhague se revendique comme une "éco-métropole" et Bogota fait de la promotion des modes actifs un des fondements d'espaces publics accessibles et de sociabilités renforcées (voir ici l'entretien vidéo réalisé avec l'ancien Maire de Bogota pour Chronos).
La métropole. Auparavant cantonnée au centre-ville, la question de la marche s'invite dans la réflexion sur l'espace métropolitain, ainsi qu'en témoigne notamment les démarches du Grand Lyon qui fait de la recomposition des mobilités un socle de développement territorial cohérent et inclusif (pour en savoir plus, lire ici l'analyse du forum sur la marche organisé par Chronos). La marche est alors pensée comme la "cellule souche" de l'écosystème de mobilité métropolitain, pour reprendre l'expression de Georges Amar, ancien directeur de la prospective à la RATP.
La voiture et les modes motorisés. Si les transporteurs publics, à l'instar de la RATP ou de TFL s'intéressent depuis quelques années à la marche, la relation marche / voiture semble moins aisée. Les stratégies vis-à-vis de l'automobile varient, mais quelles que soient les initiatives, la voiture apparaît en contrepoint incontournable de la marche : déportée en sous-sol dans le quartier du Flon à Lausanne, intégrée à l'aménagement d'espaces et civilisée dans le cas des "zones 30" ou des "shared spaces", réduite dans l'aménagement d'éco-quartiers comme celui de Fribourg par exemple.
L'imaginaire. La bascule vers la marche banalisée - c'est-à-dire intégrée au quotidien et au système de mobilité - interroge la vision moderne de la vitesse et de la distance telles que les générations se les sont figurées depuis Jules Verne. Cette question du temps ne peut manquer de nous interroger sur le rapport au numérique qui offre une opportunité de "ville à mille temps", où des rythmes divers se combinent. Bruno Marzloff propose la métaphore de l'essaim pour décrire ainsi le phénomène de Smart mobs (voir sur ce sujet l'article ce Bruno Marzloff dans le numéro Aire Numérique de la Revue Urbanisme), qui adossées aux réseaux numériques permettent à des citadins de se retrouver pour une durée éphémère et de se disperser tout aussi rapidement.
La marchabilté. Ce néologisme américain s'intéresse à la proportion de ressources du quotidien (commerces, cinémas, services de proximité, etc.) qui sont accessibles en marchant depuis un point donné. Permettre aux citadins d'obtenir un "score de marchabilité", c'est ainsi l'objectif premier du site Walkscore, résultat d'une initiative citadine.
Les réseaux. Des écrans rythment les pas des piétons dans la ville ; associés à des réseaux, ce sont des outils d'échanges, de localisation, de savoir, etc qui assurent une permanence de liens de voisinages, immédiats et à distance. Ces accessoires du piéton ouvrent potentiellement la voie à une continuité sans couture, porte-à-porte, des activités du piéton au quotidien.
L'article complet en téléchargement ici.
Présentation de Chronos
Chronos est un cabinet d'études et de prospective dont les travaux s'articulent autour de quatre grands thèmes : les mobilités, la ville, le numérique et le quotidien.




