Il n'existe pas de ville intelligente. Il n'y a que des sociétés qui pensent le présent et l'avenir de leurs territoires à l'aune de contingences et d'une culture qui leur est propre, mais aussi en réaction aux événements. C'est ce que rappelle Karyn Poupée, notre correspondante à Tokyo, dans cette contribution. 11 mars 2011 : Tous les transports en commun sont stoppés à Tokyo, les mobiles sont empêchés de communiquer face à la saturation, les écrans électroniques s'éteignent en tout ou partie. La logistique si bien huilée du Japon est prise en défaut. Rappel nécessaire : la puissance du numérique est faillible, le low-tech a sa place mais surtout, la ville intelligente est d'abord une affaire de stratégie.
Au-delà des enjeux de sécurité, Karyn Poupée insiste dans ce dossier sur le fait que la cité intelligente japonaise se pense comme une ville économe en ressources, sociable et commode. La réalisation de ces objectifs doit non seulement profiter aux habitants mais aussi aux entreprises, tous étant censés être à la fois acteurs et bénéficiaires des infrastructures et services nouveaux que supposent ces villes intelligentes.
Listing des derniers dossiers
Japon, des cités intelligentes ? D'abord économes, sûres et résilientes
24 04/2012
Amsterdam Smart City, le pari de l’innovation collaborative
22 03/2012
La ville intelligente, ce n'est pas qu'une initiative d'IBM ! La formule est de Ger Baron, chef de projet Amsterdam Smart City pour l'agence publique Amsterdam Innovation Motor. Il aurait aussi bien pu dire, la ville intelligente, ce n'est pas qu'une affaire de technologies ! D'après lui, l'enjeu est d'innover dans la manière de gérer la ville et de favoriser des modes de vie plus durables. Pour cela, Amsterdam se revendique comme un laboratoire d'innovation au service du développement durable. La démarche, initiée par l'AMI et le fournisseur d'électricité local, Liander, propose une approche intégrée de l'innovation technologique et de l'accompagnement du changement. Quatre domaines d'actions prioritaires sont visés - le travail, la mobilité, le logement, les services urbains - pour un objectif : réduire de 40% les émissions de CO2 d'ici 2025 par rapport à 1990. Ce théma explique la transformation de cette vision en projets et les premiers résultats.
Où est la "box" de l'automobile ?
29 02/2012
On lui promet les pires misères, mais la voiture surprend. Pourtant, les innovations en marche auraient besoin d'un coup de pouce. Imaginons "la box de la voiture", c'est-à-dire, à l'image de l'aggiornamento des transports publics, une place de marché des voitures servicielles ? En fait, c'est moins le design que le modèle d'usage qui pose un défi aux acteurs, interrogeant une équation économique et industrielle. Comment répondre à une demande de services automobiles face à un parc éparpillé dans un jeu infini de déclinaisons ? Comment formuler une disponibilité automobile quoi qu'il arrive, et quelle que soit le modèle (en partage, en location, en usage, etc.) ? Y a-t-il un modèle global ?
Chronos, 2011 dans le rétro
27 01/2012
Consolidation dans le rétroviseur ! Après 2009 et 2010, 2011 est croquée en quelques 40 liens renvoyant à nos colonnes. Certains en libre accès, d'autres réservés aux membres du Groupe Chronos (marqués d'une *). Tous soulignent l'interpénétration croissante des sujets : urbanités, mobilités, travail, données, partages, intelligences, agilités... Tirez un fil et tout vient avec. Rien à faire : on ne pourra pas décrypter un sujet sans réveiller l'autre...
Chaque segment de ce récapitulatif se penchera plus précisément sur l'un ou l'autre de ces sujets, suivant ce fil rouge protéiforme qu'est la ville. Sous l'influence du travail mobile et des données numériques qui le facilitent, la ville s'ouvre à de nouvelles perspectives : revenant à toujours plus de proximités, mais aussi à davantage de souplesse pour accueillir ses propres mutations. Dans cette "ville agile" et servicielle, les nouvelles mobilités occupent évidemment une place de choix dans la recomposition des morphologies, annonçant au passage l'horizon à atteindre : celui d'une ville frugale, décomplexée mais raisonnée.
Comment devenir une ville intelligente ?
16 01/2012
Quelles villes ont pris la mesure des opportunités et défis que représentent les intelligences ? Nous tentons ici une lecture critique et comparée de deux documents qui posent les bases de stratégie numérique urbaine ambitieuse - New York City City et Melbourne. Le premier, rendu public au printemps 2011, a été commis sous la responsabilité de Rachel Sterne, Chief Digital Officer de la ville de New York. Intitulé "Road map for the digital city", il a fait l'objet d'une importante communication et décline les actions pour que la Grande Pomme devienne "la première ville numérique du monde". Le second est le fruit d'un travail de workshop conduit par l'architecte Dan Hill à Melbourne dans le cadre d'une série d'ateliers de travail sur le changement climatique (voir ici Mebourne Smart City).
Pour aller plus loin, nos membres peuvent consulter l'analyse du Forum Chronos "Villes intelligentes : de quoi parlons-nous ?" avec les interventions de Nancy, Nice, Orange Smart Cities, Association Bug, Nova 7 et Chronos.