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Vélib', en mesures et à mesure


24 05/10 de Lou Marzloff et Julie Rieg

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L'année dernière, les calculs étaient clairs : le vélo libre service (VLS) coûtait trop cher. C'était sans se soucier des bénéfices indirects. En réalité, le VLS rapporte 80 millions d'euros de bénéfices chaque année en temps gagné, décongestion des transports publics, des routes et avantages environnementaux (selon une étude du CGDD*). A l'inverse, les coûts de mise en place et d'exploitation sont estimés à 100 millions d'euros. Sur le papier, ça fait encore 20 millions d'euros de trop.

 

Dans les faits, il y a d'autres bénéfices que le rapport ne mesure pas, à commencer par le dopage de l'usage du vélo particulier ("+46% de déplacements à vélo entre octobre 2006 et octobre 2007")*. De quoi relativiser la baisse de fréquentation que Vélib' connaît ces derniers mois (-12% d'abonnés de mars 2009 à mars 2010).

 

Autres bénéfices : Vélib' accélère le droit à la mobilité et favorise une ambition politique forte. La Mairie de Paris en fait la preuve, qui développe une application dédiée Vélib', travaille à un meilleur partage de l'espace (zones 30 et double-sens cyclables) et commercialise dès cet été une myriade d'accessoires à la demande des citadins à deux roues (gants, brassards, casques ou encore ponchos de pluie). Un "plan vélo" sera aussi soumis au vote du Conseil de Paris début juin, qui prévoit notamment de sécuriser les grands carrefours de la Bastille ou de la Condorde.

 

 

Des efforts ciblés qui montrent la volonté de la Mairie de faire du vélo en libre-service un mode de transport pérenne, alors que derrière les chiffres en baisse, certains posent les questions de la durabilité du système.

- voir la dernière édition de Ville Rail et Transports, "Vers la fin du modèle JCDecaux-Clear Channel ?",

- voir aussi la remise en cause de Clear Channel sur le contrat du parc en libre service de Washington DC, ainsi que les analyses du marché nord américain où les annonces et les lancements se multiplient et où le modèle Bixi, initié à Montréal, semble prévaloir (un bilan des vélos en libre-service sur www.cityryde.com).

 

* Cette étude du Service de l'économie, de l'évaluation et de l'intégration du développement durable rappelle que les chiffres qu'elle présente sont à prendre avec précaution car ils reposent sur des données fragmentaires en provenance d'un nombre limité de systèmes.

Commentaires

16 08/10 de Julie Rieg

En réalité, des externalités positives et négatives ont été prises en compte dans l'étude mais que nous n'avons pas précisées dans ce texte. Voici quelques précisions, en considérant un coût par vélo de 2 500 €/an, un nombre de déplacements quotidiens de 5 déplacements/jour, un kilométrage moyen par déplacement de 2 km et un avantage moyen par déplacement de 8 minutes :

- Coûts d’investissement et d’exploitation des systèmes : -80 M€/an
- Coûts d'opportunité des fonds publics portant sur le déficit (coûts-recettes) des VLS : -20 M€/an
- Coûts d'opportunité portant sur les pertes de recettes des opérateurs de transports collectifs urbains : -2 M€/an
- Insécurité routière : -0,3 M€/an

- Avantages pour les cyclistes (en temps…) : +80 M€/an
- Décongestion des transports en commun : +25 M€/an
- Décongestion de la voirie routière : +3 M€/an
- Externalités environnementales : + 0,5 M€/an

Soit un total à l'année positif : + 10 M€/an

Je tiens à rappeler que ces chiffres sont à prendre avec parcimonie en raison de l'échantillon et de la méthodologie de l'étude, notamment pour les petits systèmes de vélo en libre service qui ne fonctionnent pas toujours très bien…

26 05/10 de Urbain, trop urbain

N'est-ce pas exagérément optimiste? Je n'ai vu aucun chiffre sérieux sur le report modal. D'où sortent vos 80 millions "gagnés"? Vous ne croyez pas qu'il y a aussi des externalités négatives à la politique de pistes cyclables, de sens uniques et de stationnement réglementé, etc.? Et puis je m'interroge aussi sur la non mise en évidence, assez systématique dès qu'il s'agit de vélo en libre service, du manque à gagner pour la collectivité. Qui des concessions d'espaces publicitaires et du monopole de fait qui en ressort? Je ne dis pas qu'il faut faire machine arrière, mais qu'on mette sincèrement (au sens de la sincérité des comptes) un budget transport en face de l'autre...

 

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Chronos est un cabinet d'études et de prospective dont les travaux s'articulent autour de quatre grands thèmes : les mobilités, la ville, le numérique et le quotidien.

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