Ma vie dans les flux (1/2) Editorialiser vos routines
06 04/10
Nicholas Felton, designer de l'information, travaille sur les données, mesures et représentations des pratiques quotidiennes. Vous avez dit "bizarre" ? En effet ! Chaque année depuis 2005, l'olibrius rend compte de ses activités sous forme de graphes urbains (voir les 5 rapports). Qu'a t-il le plus fait en 2009 ? Dîner. Là où il était le plus ? Sa résidence. Son alimentation ? Plutôt de la viande en hiver, du poisson en février, des crustacés en juillet.
Son originalité, il la doit à :
- sa manière de collecter les données (il envoie un questionnaire détaillé à ses interlocuteurs après chacune de leurs rencontres);
- ses modes de représentations des données.
Vraiment bizarre, non ? mais singulièrement riche en termes d'observations sociologiques.
Il a choisi le sondage pour éditorialiser ses routines (voir l'invention du soi), mais il aurait aussi bien pu utiliser des données numériques :
- Ses statuts et commentaires Facebook (mots et smileys les plus utilisés, fréquence d'actualisation...),
- les mots-clefs de recherche sur différents moteurs,
- ou encore les "traces" du mobile. Le service Google Latitude enregistre les localisations de son possesseur (sur Android, de manière automatique à chaque changement de borne). D'où la capacité de visualiser ses jalonnements quotidiens sur une cartographie dynamique, minute après minute, rue après rue. Une matière riche, qui, agrégée, pourrait devenir un véritable outil de diagnostic des mobilités d'un territoire.
Demain, un billet sur d'autres manières d'éditorialiser ses pratiques, avec notamment le service Where Do You Go.