Libérez les données transport !
04 12/09
La question des données publiques fait difficilement surface en France. Ailleurs, certains ouvrent la voie en démontrant les vertus économiques et sociales de l'ouverture des données publiques aux citoyens : Show Us a Better Way, Apps for Democracy... ou San Fransisco (merci à TransID qui traduit ce billet de TechCrunch).
Chronos a interrogé Patrick Gendre*, responsable d'études sur les technologies de l'information au CETE Méditerranée. Il a notamment dirigé deux récents rapports qui appellent de leurs voeux l'ouverture des données transport : Services d'information multimodale 2.0 et Mutualisation des données transport (.pdf).
Les Etats-Unis font figure de modèle dans le domaine. "Le réseau Bay Area Rapid Transit est peut-être le plus emblématique. L'opérateur de transports en commun de San Francisco met en ligne ses données horaires pour que tout le monde puisse les récupérer et développer de nouveaux services". La France n'en est pas là. "L'ouverture des données n'est pas encore un "sujet d'actualité" chez les gestionnaires de réseaux et opérateurs de service. Pour qu'elles le deviennent, il faut également que ces questions soient portées par une vision politique. L'effort doit être porté par un tiers (une collectivité ? un opérateur ?) pour que cela fonctionne."
L'enjeu est double.
- L'innovation. Les mash-ups, ces applications créées par les usagers à partir des données d'un opérateur, révèlent des besoins en matière de mobilité individuelle. Tim Berners-Lee, co-fondateur du World Wide Web, en est convaincu : "L'innovation obéit à la sérendipité. Qui pourrait imaginer les applications que créent les usagers quand une institution libère ses données ?"
- L'extension du domaine des mobilités via la libération des données entre opérateurs. "Le partage des données constitue un enjeu significatif pour la mise en place de systèmes d'information multimodale. Pour l'heure, les administrations ou des services concernés qui disposent de silos de données bloquent ces initiatives."
*Entretien réalisé par Caroline de Francqueville