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Les médias seront des filtres augmentés


06 01/10 de Julie Rieg

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L'excellente vidéo de Michel Lévy-Provençal, fondateur de Tedx à Paris, réfléchit sur les valeurs sociales et économiques des médias. Les bouleversements procèdent d'hybridation que les acteurs - et on compte bien sûr parmi eux les audiences - choisissent de faire, hybridation dans la forme, hybridation dans les contenus. Partant du postulat que "plus la matière première est abondante et libérée, plus la créativité est élevé", mais rappelant en même temps la nécessité absolue de financer les contenus.

 

Premier fondement de son discours, celui du passage d'une économie de la rareté à celui d'une économie de l'abondance. Là se jouent les cartes de l'hybridation, de l'infobésité, des contenus protéiformes et de la convergence. On est ici au coeur même de la 3e révolution sociale générée par l'Internet qu'évoque aussi Joël de Rosnay (voir ici) (ce "futuriste" ouvre de nouvelles pistes 3.0 [le domaine de l'intuitif], voire 4.0 [l'internet des objets] pour les contenus médias).

 

Ce nouveau paysage média, dru et riche, signe la redéfinition de la valeur des contenus. A quel moment un contenu fait-il sens ? Comment l'apprécier ? Et quels sont les gages de qualité nécessaires pour le rémunérer ? Pour Michel de Lévy-Provençal, plus un contenu est pertinent, exclusif et de haute qualité de rendu, plus il a de valeur. C'est aussi ce que raconte le schéma ci-dessous :

 

 

Dès lors, l'équation est la suivante : f (partage+liberté) = valeur. Le partage et la liberté, on les comprend bien à l'aune du web 2.0 et de l'opensource. Ces deux notions nous interpellent d'ailleurs sur le nouveau jeu d'acteurs (voir texte de Bruno Marzloff à ce sujet). Il reste à déterminer de quoi est faite la fonction f. Elle est un filtre, affirme-t-il. Autrement dit, les utilisateurs sont prêts à payer pour qu'on les débarrasse des informations parasites (dit aussi "les contenus à valeur négative"), soit à payer pour des "informations purifiées". Sans oublier que, au-delà du contenu, trois critères sont source de rétribution : la qualité de la diffusion, l'instantanéité de l'accès et l'assurance de l'intégrité.

 

Autrement dit, dans le cycle du contenu, l'économie de l'abondance génère de l'argent à la fois au tout début de la diffusion et tout à la fin (au travers des produits et services dérivés), et là Michel de Lévy-Provençal évoque quelques pistes (licence globale, création de services premium, commercialisation de produits et services dérivés, labels éthiques...); nous en avons d'autres à proposer à l'ère du mobile, des services personnalisés et de l'Internet des objets (voir ici, ici et ).

 

 

Alors, quelle marge d'action pour les médias contraints par la récession publicitaire ? Favoriser l'émulation et l'innovation, bien sûr ! Cela suppose de changer de cap. Au lieu de penser augmentation de l'audience sur les supports traditionnels, demain les médias tâcheront d'émettre leurs contenus partout, le plus vite et le plus largement possible et bien au-delà de leurs réceptacles traditionnels. Il y a donc une nécessaire acceptation d'une transformation - voire d'un abandon - des supports traditionnels. En un mot : les médias divaguent. L'ère du contenu à la demande favorise par exemple le passage de la radio et du téléviseur (en tant qu'objets) à celui de flux. Bref (et on apprécie la formule), les médias seront des "centrifugeuses". Mais qui siègera à la table des trophées suite à ce cataclysme médiatique ?

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Chronos est un cabinet d'études et de prospective dont les travaux s'articulent autour de quatre grands thèmes : les mobilités, la ville, le numérique et le quotidien.

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