Escales, escalades et poudre d'escampette
16 03/10
Des escaliers, il y en a partout. On s'y arrête, on y passe, ascension et descente, marches et rampes, debout - assis - couché. Un skateur glisse sur une rampe. Un acrobate la chevauche pour un parkour (la règle, c'est de ne pas toucher le sol). Un "fou" descend à ski et à toute berzingue le plus long escalator d'Europe. Des amoureux s'embrassent sur la dernière marche. Un salarié s'y assoit pour travailler au soleil. Un autre y fait un somme. D'autres encore y passent, main dans la main, main sur la rampe, portable sur l'oreille.
D'une marche à l'autre, l'escalier est un espace public que chacun apprivoise à son envie. Certains l'utilisent pour communiquer et inciter à d'autres comportements :
- Un piano-stair, récemment installé à Stockholm. Chaque marche fait une note et l'envie de faire ses gammes incite à privilégier l'escalier à l'escalator.
- Des escaliers-tables, imaginés par le designer Mark A. Reigelman II pour éviter aux étudiants de travailler le cahier sur les genoux.
- Un coiffeur indien profite du mouvement cinétique d'un escalator pour changer la coupe de cheveux d'un modèle photographié. A voir, ça décoiffe !
- Claire Price, directrice du cabinet d'architectes Facility, est à l'initiative du projet Pacesetters qui consiste à capter l'énergie produite par les piétons lorsqu'ils montent un escalier. Quand nos simples pas éclaireront les lieux publics.
L'escalier est aussi un vide, un oubli, une friche. Un endroit qu'on évite ou un passage contraignant, dont les alternatives ne sont pas toujours connues. Des usagers prennent le pas et renseignent sur Open Street Map les itinéraires piétons sans escaliers, pente raides ou autres embuches. Idem pour l'association Mobile en Ville qui regroupe tous les obstacles rencontrés par ses membres handicapés moteur, permettant le développement avec SFR du premier guide pratique piéton sur téléphone mobile, Handi-Cité.