Des bus aux us
10 02/10
Un système de bus gratuit ? Alors que la récession a atteint de plein fouet les investissements dans les transports, l'initiative de la ville de Baltimore a de quoi surprendre. 21 bus hybrides, 7 jours sur 7, une ligne lancée et d'autres à venir, censées reliées les points importants de la ville, et faire le lien entre les autres modes de transports. Alors que les autres villes stoppent leur service gratuit - Portland, New-York - Baltimore s'y lance.
Les autorités de la ville veulent massifier des déplacements collectifs rapides et efficaces, et espèrent redynamiser les zones desservies par le nouveau réseau. Mais ce qui est visé à plus long terme avec cette incitation du "gratuit", c'est d'extraire des conducteurs de leur voiture et de pousser des usagers qui n'utilisent jamais les TC à tenter le coup.
Plus au Sud, à Miami, même scenario. Si la crise est là aussi passée par là - services supprimés et hausse des tarifs des bus locaux - la ville a lancé une expérience permettant à près de cent bus Express d'utiliser les fameuses High Occupancy Lanes ... et leur utilisation a cru de 30% ! La moitié des voyageurs ont indiqué qu'ils avaient remplacé leur trajet en voiture par un trajet en bus. Idem dans le Colorado, à Denver, où le Free Mall Drive, transporte gratuitement commuters et visiteurs de 5h30 du matin à 1h30 à la nuit tombée dans le centre-ville !
Pour rendre le bus attractif, Washington a quant à elle misé sur le numérique : le réseau de bus dédié au centre urbain mis en place est associé à une plateforme web qui permet aux usagers de géolocaliser les bus et de faire des recherches sur les lieux qui les intéressent à proximité des stations. Il suffit de cliquer sur "m'emmener quelque part où manger" ou "faire du shopping", et la liste magique apparaît ! Trois objectifs en un : réduire les congestions, de compléter l'offre de transport et d'encourager les individus à de nouvelles pratiques de la ville.
Alors, la vague des bus américains est-elle celle du bus serviciel ? À New-York, les publicités placardées sur les hanches des bus, numériques, changent au gré des quartiers ou de l'heure qu'il est. Un pub pour le café le matin, une pour de la bière le soir ! Affaire à suivre.