Au secours, Internet revient … dans la ville
26 03/10
La Cantine bondée est un peu paniquée par la projection de "La ville au futur" (un 52'), avant sa diffusion samedi 27 mars à 15h25 sur France 3. Le film a du mal a se faire une opinion, il navigue entre des évidences bonnes à rappeler (nous télétravaillons tous déjà, si, si !) et des moments savoureux et pathétiques (la chasse à la gazelle sur Meetic). Mais la CNIL qui conclut le film (ce n'était pas forcément le bon choix) n'a aucun mal à se faire un parti ; sa vigilance sectaire lui masque des possibles. La CNIL s'enferre dans un discours bloqué sur son pathos orwelien - dont il semble que les Français soient largement plus friands que n'importe quel autre pays -, enrichi désormais d'un fantasme de clonage. L'autorité, comptable selon elle de nos identités éparpillées dans des bouts de silice, persiste à alimenter les peurs. Elle en rajoute même, campé sur ses certitudes. La CNIL est toujours incapable de se mettre les yeux en face des trous - une partie de l'assistance aussi ; heureusement sauvée par quelques remarques frappés au coin du bon sens.
Il n'y a pas de déterminisme de la ville numérique et de ses traçabilités. Il n'y a que des choix de société auquel le numérique apporte la pierre qu'on veut bien lui tailler pour une architecture de ville qu'il faut avoir le courage de penser, à l'aune d'un numérique qu'il reste à domestiquer pour en tirer la meilleure part. La trace n'est une malédiction que pour ceux qui sont incapables de voire qu'elle peut être aussi vertueuse, qu'elle est là aussi pour alimenter la fabrique des services urbains, qu'on peut en jouer de mille façons et pas seulement en termes d'intrusion. Merci Thierry de l'avoir rappelé.