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Automobile, vers l'acte III


13 11/09 de Philippe Gargov

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Impossible de passer à côté : en France, les immatriculations repartent à la hausse. L'industrie auto y voit le bout du tunnel. Attention aux désillusions ! Le rebond des ventes - 20% d'augmentation en France - est relatif au gouffre dans lequel le secteur se trouvait il y a un an. Les ventes restent d'ailleurs inférieures à leur niveau de 2007, et il est peu probable que l'on retrouve de tel résultats une fois les primes gouvernementales arrivées à terme.

 

Alors, "rayon de soleil ou mirage ?", interroge Dominique Seux des Echos. Aux Etats-Unis, Ford renoue avec les profits pour la première fois depuis 2008. Mieux : sur le marché nord-américain, le géant de Détroit engrange même ses premiers bénéfices depuis 2005 ! Il y a bien une éclaircie ; mais derrière, General Motors et Chrysler sont toujours au pied du mur. La crise écarte les plus fragiles : un véritable "tri sélectif", titre l'éditorialiste. La formule est maline. Les constructeurs lui font écho en se jetant sur "la voiture verte" au détriment des 4x4 polluants qui faisaient leur fierté il y a peu. Au Salon de Tokyo, on fait "le double constat du basculement de l'industrie automobile japonaise dans cet instant d'après, celui où il faut réinventer les modèles économiques et repenser la mobilité sur un mode décarbonné". On se plairait à ajouter : sur un mode "démotorisé", en constatant l'ampleur du désintérêt des jeunes pour les voitures de papa - au Japon ou en Allemagne. "La situation japonaise nous servira de test pour imaginer un au-delà du produit automobile", analyse François Bancon, designer chez Nissan. Même le patron de Peugeot "a du mal à convaincre ses enfants de passer le permis" !

 

Car l'auto est en panne de sens dans les pays développés. L'idée n'est pas tant de savoir quels constructeurs resteront sur scène pour le "deuxième acte" de la crise mais plutôt : à quoi ressemblera le troisième ? La solution viendra assurément de l'électrique, non pas pour ses vertus écolo - discutables - mais pour ce qu'elle pourrait transformer de nos conceptions du déplacement. La voiture verte "donne l'occasion de développer une culture du services en réseau sur laquelle adosser diverses formes de partage, donnant naissance à des services inédits et de nouveaux modèles", disions-nous il y a quelques mois. L'annonce devient réalité sous l'impulsion de Better Place et de la BSD, la SNCF danoise. Outre ses bornes de recharge, l'entreprise proposera des véhicules en partage dans les principales gares du pays. De son côté, la SNCF propose déjà un service de covoiturage pour les gares d'Ile-de-France, et attend la BlueCar de Bolloré pour passer à l'électrique. Une chose est sûre : l'après crise se jouera sur le terrain du serviciel, de l'hybridation des modes et de l'invention d'autres modèles. Nous en débattrons dans quelques jours à l'occasion de la conférence Demain, la voiture servicielle.

Commentaires

30 11/09 de Groupe Chronos

Merci pour votre commentaire.

Il est vrai que la situation du marché laisse planer le doute quant à la réussite de certains "petits" constructeurs, et ce malgré l'impressionnante offensive de Renault qui aura réussi à imposer la voiture électrique comme stratégie pertinente de développement.

Je rebondirai sur votre question en interrogeant : "qu'est-ce qu'une vraie voiture électrique ?"

Il ne faut pas seulement chercher la réponse dans les modèles de véhicules, mais aussi dans les modèles serviciels qui se grefferont à ces autos. Better Place est une voie. Il y en aura sûrement d'autres, telle que la complémentarité gare/voiture propre ou le modèle Autolib.

Il faudra donc compter sur les nouveaux acteurs de l'automobile : transports publics, loueurs, autorités régulatrices ou assureurs. L'un des groupements de réponse à Autolib réunit par exemple Vinci, Avis la RATP et la SNCF ; un bel exemple d'intégration multipartenariale.

Les intervenants présents lors de la conférence "Demain, la voiture servicielle" du 19 novembre dernier témoignaient de cette diversité d'acteurs, condition sine qua none d'une "vraie" voiture électrique. Pour plus de renseignements sur les débats qui s'y sont tenus (la voiture électrique n'aura évidemment pas été oubliée), retrouvez ici le compte-rendu de l'événement :

http://www.groupechronos.org/index.php/fre/projets/forums/colloque-chronos-demain-la-voiture-servicielle

Cordialement,

Philippe Gargov

30 11/09 de Marc Horwitz

Cet article en forme d'édito me parait d'une extrême pertinence et j'en partage l'ensemble des point de vue. Une question cependant : la BlueCar verra-t-elle le jour ? A mon avis Guillaume Pepy attend "simplement" l'arrivée sur le marché d'une "vraie" voiture électrique. 2 places ? Il y aura bientôt la Smart. 4 places ? L'offre des petits et grands constructeurs devrait être conséquente dans les mois qui viennent.

 

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Chronos est un cabinet d'études et de prospective dont les travaux s'articulent autour de quatre grands thèmes : les mobilités, la ville, le numérique et le quotidien.

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