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Tour du monde de l’immobilité


19 08/10 de Elie Guitton et Julie Rieg

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Et si la pénibilité des déplacements pendulaires automobiles devenait un nouvel indicateur de bien-être urbain ? Après Régus et Technologia, IBM lance son enquête dans vingt des plus grandes villes du monde sur la congestion routière et ses corollaires économiques et sociaux (IBM 2010 Commuter Pain Survey). Principaux enseignements*.

 

Les congestions automobiles sont un fléau, surtout à Pékin, Mexico, Johannesbourg et Moscou (40% des Moscoïtes ont déjà attendu plus de trois heures dans un même déplacement). Selon 67% des sondés, elles auraient même empiré ces dernières années. S'ils s'attardaient moins dans les embouteillages, les automobilistes passeraient plus de temps avec leurs proches, à une activité de loisir ou sportive. 16% d'entre eux (les bourreaux du travail ?) déclarent qu'ils travailleraient plus (40% à New Delhi).

 

Titre : taux de pénibilité des congestions automobiles par ville (base 100 Beijing)

 

Où trouver le temps ? En évitant certains déplacements. L'immobilité automobile retentit à la fois sur la santé physique et mentale (stress et énervement) et sur la productivité au travail, au point de préférer parfois ne pas se déplacer du tout. En effet, 38% des sondés déclarent avoir annulé un déplacement en prévision d'embouteillages le mois précédant l'étude. Autant dire l'importance de développer une information trafic prédictive pertinente. Cela tombe bien : IBM nous apprend que les contrôleurs routiers de Singapour sont capables de modéliser et de prévoir les flux de circulation avec une précision de 90%.

 

D'autres solutions existent, comme le télétravail ou l'amélioration de l'offre de transport en commun. À Moscou, New Delhi et Sao Paolo, une grande partie des actifs pratiquent déjà le télétravail à domicile à raison de deux à cinq jours par semaine, évitant ainsi les attentes incongrues. Enfin, 36% des sondés déclarent que de meilleurs transports en commun diminueraient le stress lié à la congestion. Qu'attend-on ?

 

Si l'étude est riche, elle omet quelques solutions. Les modes actifs, la marche et le vélo, sont tout bonnement absents. On ignore également ce que font les automobilistes dans les embouteillages (ils écoutent la radio, téléphonent, travaillent ou mangent ?) et comment ces activités diverses impactent la perception du temps qui s'écoule. Enfin, la restructuration de l'architecture temporelle de la ville n'est pas évoquée. En effet, décaler les horaires de travail des divers salariés permettrait de diminuer les pics de congestion. À bon entendeur !

 

* Cette étude a été réalisée dans les langues d'origine des sondés dans 20 villes pendant deux ans (2008-2010). 8.192 personnes ont été interrogées (au moins 400 dans chaque ville). IBM n'était pas mentionné comme étant sponsor de l'étude. La marge d'erreur est de deux points sur l'étude en général et de cinq points en comparant deux villes.

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Présentation de Chronos

 

Chronos est un cabinet d'études et de prospective dont les travaux s'articulent autour de quatre grands thèmes : les mobilités, la ville, le numérique et le quotidien.

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