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Temps réel – Entretiens du Certu - Métropolisation et nouvelles urbanités – séance plénière : Comprendre la ville d’aujourd’hui pour agir demain
01 02/12
Les aires urbaines continuent à s'étendre. Il s'agit de comprendre les dynamiques des espaces habités pour agir face à l'étalement urbain. Marie-Christine Jaillet, chercheuse et sociologue, retrace les tendances à l'origine du développement du périurbain à la fin des années 70. Au départ, une politique publique d'encouragement à l'accession à la propriété face à l'aspiration des ménages français à la maison individuelle et au mode de vie associé. Aujourd'hui, il ne suffit pas de lever les contraintes (d'abord, mais pas seulement, financières) de l'accès à un logement en ville pour que les gens y reviennent. On n'abandonne d'autant moins le périurbain qu'il est associé à la tranquillité sociale.
Guy Burgel, géographe, rappelle les chiffres : le périurbain c'est 33% du territoire français, la ville 12%, le reste donc la moitié du territoire est rural. Mais pour lui, le périurbain c'est aussi de la ville, façonnée sous la poussée de grands gestes infrastructurels. Désormais une question : que peut on construire et pour quelle couche solvable ? Qu'est-ce que seraient des projets urbains globaux et stratégiques qui concilieraient les demandes sociales et l'habitat urbain ?
Jean Cavailhes, économiste à l'Insee, note un léger solde migratoire pour les villes, influencé par trois questions, qui valent en France comme à l'international :
- Le coût de déplacement domicile-travail n'a cessé de baisser depuis cinquante ans. Le phénomène va t-il s'inverser ?
- La qualité et de taille de logement augmentent avec le revenu. La crise économique, en place depuis trois ans va t-elle affecter la tendance ?
- Les villes souffrent d'une image repoussoir. Le renforcement de l'attractivité de villes, et notamment la présence de nature en ville, peut être un facteur décisif. Les villes sauront-ellles répondre ?
Jean-Pierre Orfeuil, chercheur en mobilités, réfléchit le périurbain du côté de mobilités. Le déplacement fait le lien : lien banlieue-centre, lien banlieue-banlieue, lien ville-ville. Aujourd'hui il faut penser le territoire à partir de l'individu comme centre et traiter le problème de la dépendance à l'automobile.
C'est aussi une tendance aux Etats-Unis : Mila Freire, représentante de la banque mondiale, confirme la volonté américaine de repenser la ville. Le new-urbanism s'inspire largement de la ville européenne pour créer d'autres sociabilités et introduire d'autres espaces publics que ceux dédiés à la voiture; ainsi de la reconversion des shopping malls (des centres commerciaux de banlieue) en logements sociaux.
L'architecte urbaniste Bernardo Secchi prône la "ville poreuse". Elle facilite les déplacements à toutes les échelles et pour tout le monde, dépasse l'injustice spatiale et bénéficie d'une diversité environnementale. Le Grand Paris, encombré de zones complètement enclavées, est loin d'être cette ville poreuse pour l'heure.
Le grand témoin, Jean-Marc Michel, de la Direction générale de l'aménagement, du logement et de la nature, propose d'interroger la densité. Bien sûr, tout le monde ne peut pas se payer le centre-ville. Au-delà des contigences économiques, ill reste beaucoup à faire en termes de politiques publiques, pour retrouver la qualité de vie en ville. Lorsqu'on travaille sur la métropole, est-on capable d'analyser les aménités ? Comment le dialogue décideur-usager crée ce désir de ville ? Faire la ville, ce n'est pas seulement la planifier mais aussi réussir l'intégration de plusieurs politiques publiques en même temps : développer l'habitat, mettre en place une protection sanitaire, moderniser les loisirs, reconquérir les espaces publics...
En réaction, Marie-Christine Jaillet souligne la "répolarisation". Il est difficile de parler encore d'un retour au centre. Les individus circulent dans la logique de diversification et dans un contexte d'incertitude et d'insécurité. Comment penser la métropole des individus ? Ce ne sont pas les aménageurs mais la société qui fait la ville enchaîne Guy Burgel. Pour Jean-Pierre Orfeuil, ceci appelle une compétence en mobilité au delà des infrastructures.
Retrouvez les comptes rendus :
Séance plénière d'ouverture Métropolisation et nouvelles urbanités
Atelier Métropolisation et péri-urbanisation : quelles évolutions ?
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