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Temps réel - Entretiens du Certu, Atelier "Partage de l'espace public"


05 02/10 de Philippe Gargov

"La ville de 2050 est déjà construite à 70%". C'est sur les bases de ce constat que s'ouvre ce second atelier des Entretiens du Certu, consacré à la requalification de l'espace public et plus précisément au partage de la voirie existante. Comment mieux distribuer la ville au profit de mobilités plus durables ?

 

Les différentes interventions, à la tribune et dans la salle, auront mis en évidence le rôle du stationnement comme frein majeur au partage de l'espace de mobilité. Ainsi, nombreux sont les maires qui imposent la conservation de deux files de stationnement dans leurs rues tout en souhaitant privilégier les modes doux (élargissement des trottoirs, pistes cycables). Une difficile équation pour les urbanistes chargés de redistribuer les espaces ! Un intervenant invite à poser le problème : "On parle beaucoup de limiter la circulation auto en ville. Mais il faut aussi se demander : dans la ville durable de demain, quelle place veut-on laisser à la voiture en termes de stationnement ?"

Sur ce point, un intervenant rappellera qu'il ne faut pas "diaboliser l'automobile" dans les petites et moyennes agglomérations, où la moindre densité des transports publics rend inévitables les déplacements auto. En fermant la ville à l'auto - et donc l'accès aux petits commerces, banques, cinémas… - "on revoie ces usages vers les centres commerciaux de périphérie". Pas forcément le plus durable !

 

Autre point discuté : la notion même de "partage" de la voirie fait largement débat. La fragmentation de l'espace selon les modes est-elle une solution pertinente ? D'aucuns pointent du doigt le caractère "égoïste" de ces files réservées (vélos qui filent à toute vitesse, etc.), jusqu'à parler "d'apartheid spatial" derrière cette "sectorisation des déplacements".

Un intervenant rappelle : "La ville est un endroit de rencontre et donc de conflit, et il faut l'accepter". Le juste milieu, celui d'une mixité entre usages modaux, serait ainsi une solution "insatisfaisante pour chacun mais meilleure pour tous".

 

La mixité des usages passe par un ralentissement général des déplacements. Les communes disposent depuis peu d'outils réglementaires pour favoriser ces partages : les zones 30 et surtout les zones de rencontre limitées à 20 km/h, qui viennent suppléer les aires piétonnes. Ces outils trouvent la voie du succès. Lille Métropole, dans le cadre de sa révision de PDU, a ainsi multiplié par quatre en dix ans le nombre des voies ralenties.

 

Néanmoins, attention à ne pas faire dans l'angélisme. Si la majorité des administrés se prononcent en faveur de cette ville pacifiée, ils sont aussi nombreux à reprendre de "mauvais comportements" lorsque la situation l'exige (je suis pressé donc j'emmène mes enfants en voiture, malgré l'aménagement des voies pour les rendre plus sécurisées). Chassez le naturel, il revient au galop…

 

Retrouvez les autres compte-rendu en temps réel des Entretiens du Certu :

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