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Réseaux & Co


27 01/09 de Bruno Marzloff

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"Excusez-nous pour l'interruption de huit ans de service. Nous entreprenons une remise en service complète dès maintenant. Et nous sommes prêts à vous entendre. Signé United States of America." C'est en bref la teneur du mail reçu ce jour d'un Américain vivant à Paris et peu suspect de sympathie pour le prédécesseur d'Obama, comme on l'aura compris. Les bonnes idées que le nouveau président encourage ne se font pas attendre. En voici une, étonnante et empreinte d'une vision robuste et ambitieuse.

 

Rethinking the Interstate, propose l'article, assorti d'un sous-titre : 
"Et si on faisait de nos 46.000 miles d'autoroutes l'épine dorsale d'une infrastructure du 21e siècle." L'auteure, Karrie Jacobs, se demande comment mettre à profit ces "highways" et leurs millions d'hectares d'emprise au sol, sans supprimer la voiture mais en ouvrant la voie délibérément. 

- Et si, ces voies hébergeaient en leur centre des voies des TGV et des trains locaux ?

- Et si, on en profitait pour faire transiter des flux d'énergie recueillis et redistribués le long des voies ?

- Et si, on imaginait un réseau de voitures propres qui s'alimenteraient dans un réseau de "Park & Ride", à la fois lieu de vie et station de recharge (voire lieu de redistribution de l'énergie produite par les voitures - Quand la voiture devient une centrale électrique) ?

- Et si, les lieux de connexions de ce gigantesque réseau devenaient les hubs d'un réseau national, brassant les divers modes de déplacement ? On serait alors "dans" le réseau et non plus "sur" le réseau ("in", not "on" the network). 

Alors, pourquoi ne pas concevoir que la trame réticulaire devienne si fine que même les vélos y pénètreraient ? C'est aussi le point de vue défendu avec conviction par Philippe Collomb, président de Vélorution dans les colonnes de Echanges métropolitains.

Au début, on se demande si la journaliste a fumé la moquette. Mais très vite, on se surprend à imaginer encore d'autres pistes d'innovation. La figure du réseau propriétaire se délite, celle du réseau systémique s'esquisse. Un autre article (Plusieurs réseaux ? Non, plusieurs usages) apporte peut-être un début de réponse. Il évoque des réseaux d'alimentation électrique reliés à l'informatique qui n'auront jamais été autant associés. Le titre de l'article invite à réfléchir à ces superpositions progressives de réseaux et comment leur maillage suscite des innovations par les usages. 

 

Finalement, il s'agit moins d'un enjeu d'infrastructures que d'une vision. Si les usages des opérateurs comme ceux des clients sont matures, pourquoi ne pas envisager ces conjonctions de réseaux ? Manifestement, l'époque adore la complexité. D'ailleurs, les rails hébergent déjà souvent des réseaux électriques et les usagers commencent à être familiers des hubs et autres plate-formes d'échanges. Mais surtout ces perspectives diverses rendent leur sens à une ville accessible. Cette vie dans les réseaux (plus précisément "La ville dans les réseaux") est justement le thème du colloque auquel vous invitent conjointement l'UTP et Chronos le 4 mars.

 

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Présentation de Chronos

 

Chronos est un cabinet d'études et de prospective dont les travaux s'articulent autour de quatre grands thèmes : les mobilités, la ville, le numérique et le quotidien.

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