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Mobilités, la ville cherche ses métriques


03 03/10 de Philippe Gargov

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La confusion des mobilités est à la mesure de leur extension sémantique. La mobilité, est-ce en nombre de déplacements ? en distance parcourue ? en temps passé ? en qualité du voyage ? en accessibilité aux ressources de la ville ? Veut-on traduire la capacité de la demande à maîtriser ses organisations ? ses parcours ? sa ville ? Ou cherche t-on plutôt à rendre compte de l'offre ? de sa capillarité ? de sa reliance ? de son spectre vitesse-proximité ? A moins qu'on ne se mette en phase avec la ville durable pour mesurer les taux d'utilisation des ressources, le taux d'usage des objets de déplacements ? quel taux d'occupation de ces mêmes objets ? Ou encore, admet-on que la mobilité physique trouve ses substituts dans la mobilité numérique, cela se mesure aussi. Tout se mesure, encore faut-il border la problématique.

 

"Quelle mobilité pour quelle urbanité ?" Sous ce titre, le géographe Jacques Lévy interrogeait en 2006 les rapports étroits qui lient la ville aux déplacements qui la traversent (vidéo et texte de la conférence ici). On retiendra notamment cette proposition innovante pour renouveler les "métriques" et indicateurs de la mobilité urbaine. A la valeur "vitesse", évidemment dominée par l'automobile, Jacques Lévy propose celle des "IMAC", "Interactions Multisensorielles Aléatoires de Contact". Le terme pompeux renvoie simplement à la reliance, dont on connait l'importance dans l'imaginaire des transports collectifs. Afin de synthétiser son propos, le géographe propose une matrice de scoring pour évaluer la pertinence des différents modes urbains.

 

 

Jacques Lévy évoque ensuite trois conclusions pour réinterroger les traditionnels rapports de force entre les modes urbains. La première souligne le faible score de l'automobile, lié au "caractère parasitaire" du système automobile "sur l'espace urbain préexistant". La seconde donne un poids conséquent à la marche, qui récolte le meilleur score, "la marche à pied compensant sa lenteur par un très faible coût, une très bonne fiabilité et une excellente sécurité, trois composantes essentielles dans le choix d'un mode de transport". Enfin, le géographe constate "que les autres métriques obtiennent des résultats assez voisins, ce qui laisse penser que chacun possède un ensemble spécifique d'avantages et d'inconvénients et conduirait, si on prenait ce tableau comme base pour une politique publique, à imaginer entre eux une complémentarité plutôt qu'un choix exclusif en faveur de l'un ou de l'autre".

 

Au travers de ces indicateurs, Jacques Lévy invite à reconsidérer les socles de nos modèles urbains longtemps dominé par "la loi du mode le plus rapide" comme valeur motrice de l'organisation des villes. Au passage, il tacle ceux qui tentent, tels Marc Wiel, d'imposer à la ville une lenteur salvatrice. "Le problème n'est donc pas tant de diminuer la vitesse automobile pour dissuader les automobilistes... Il s'agirait au contraire d'augmenter la part de ville compacte, ce qui aurait certes pour conséquence indirecte de rendre la circulation automobile moins facile, mais aurait surtout pour visée d'augmenter la vitesse globale de la ville".

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Présentation de Chronos

 

Chronos est un cabinet d'études et de prospective dont les travaux s'articulent autour de quatre grands thèmes : les mobilités, la ville, le numérique et le quotidien.

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