Je suis d'accord avec l'analyse que vous faites du livre "Mobilité urbaine, l'âge des possibles". Mais je lui trouve un gros défaut : sa couverture. Qui laisse entendre que la mobilité se fera toujours en voiture (la photo d'autoroute), et qui, en sous-titre indique "Rouler plus, polluer moins, moins dépenser". Comme si l'objectif était que l'on puisse encore plus se déplacer, alors que les distances ont déjà crû de plus de 30% en 30 ans. Ainsi présenté, on évacue tous les problèmes d'occupation de l'espace, d'utilisation des ressources et d'exclusion de ceux qui ne peuvent pas se déplacer (qui sont toujours les mêmes).
A l'inverse, dans notre ouvrage "Les transports, la planète et le citoyen" (http://tinyurl.com/tpctpc), nous essayons de montrer que l'augmentation des distances sans fin n'est pas une solution, et qu'il faut plutôt viser à optimiser l'existant, voire à diminuer les besoins en déplacements (tout en n'entravant pas la liberté de circuler), tout en aidant ceux qui ont du mal à bouger.
Blog Chronos
"Mobilité urbaine, l'âge des possibles", de Jean-Pierre Orfeuil
18 05/09
Vélib' a été à sa façon un cristalisateur : on peut faire du vélo sans posséder de vélo, idem avec l'autopartage ou le covoiturage. Avec ces exemples et d'autres, le paysage change : on bascule du patrimonial à l'usage, on délaisse un système propriétaire ; on assiste à l'émergence d'une catégorie hybride et inédite, le "transport collectif individuel" ; elle sanctionne le partage comme valeur sociétale et la légèreté du nomade comme une évidence. La société s'ouvre à une démarche individuelle plus légère vers les biens d'usage et vers une consommation plus économe via du service. Ce thème a un champion, Jeremy Rifkin qui, avec "L'âge de l'accès", fait prévaloir cette logique du détachement. Ce thème a fait l'objet d'un colloque international du think tank "Ville en mouvement", "Acheter ou louer". Jean-Pierre Orfeuil en a traité largement dans son ouvrage, "Mobilités Urbaines. L'âge des possibles". Economie nomade ? En tout cas, le nouveau modèle de comportement entrouvre des perspectives.
Pour Jean-Pierre Orfeuil, "nous sommes condamnés à réussir une transition vers une société servicielle". De nouvelles pistes émergent qui prônent le passage d'une économie de la possession à une économie de flux et de services. Les courants qui travaillent sur ces notions sont divers. Les chercheurs rangés derrière la bannière de "l'âge de l'accès" considèrent ce passage comme l'évolution naturelle du capitalisme. Jeremy Rifkin explique : "cette ère nouvelle voit les réseaux prendre la place des marchés et la notion d'accès se substituer à celle de propriété." D'autres pensent que "l'économie de fonctionnalité" est une condition nécessaire au développement de notre monde qui croule sous l'excès de biens, enfin le courant amené par Ezio Manzini voit cette transition comme un levier à de nouvelles socialités et à l'émergence d'un consom'acteur.
Quel nouveau modèle à inventer pour consommer et se déplacer sans être enchaîné à un système propriétaire ? Sans doute en ayant recours à un système produits-services qui peut être "défini comme un mode de mise à disposition des consommateurs d'une offre associant des produits tangibles et des services. Ce système est condamné à l'échec s'il se donne pour but de répliquer toutes les qualités procurées par la possession. Le sacrifice ne peut être consenti que si l'on gagne dans d'autres domaine." L'auteur reprend alors le cas Zipcar qui dans sa publicité (ci-contre) ne vente pas l'utilisation d'une voiture en partage, mais le temps gagné grâce à une place de stationnement garantie par le système.
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13 08/10
Présentation de Chronos
Chronos est un cabinet d'études et de prospective dont les travaux s'articulent autour de quatre grands thèmes : les mobilités, la ville, le numérique et le quotidien.
