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Mieux se déplacer demain ? Suite des "échanges métropolitains"
14 04/09
Comment mieux se déplacer demain ? C'est la question qu'a posé le Pavillon de l'Arsenal, dans le cadre de ses "échanges métropolitains", à une galerie d'observateurs aguerris des mobilités. Ces réponses, sous formes de courtes vidéos, instruisent les mobilités dans tous leurs états, mêlant piétons et transports fluviaux, Vélib' et voiture, rollers et accessibilité. Cela tombe à pic, car la mobilité du 21e siècle ne se résoudra pas par les outils eux-mêmes mais par leurs croisements (François Bellanger, directeur de Transit City). Un vaste programme dont Chronos propose ici la synthèse.
Retrouvez aussi la restitution des précédentes contributions.
Marie-Anne Bacot, Directrice Générale du Port Autonome de Paris
Le transport fluvial est un véritable enjeu pour l'accès dans le centre de villes denses. Des réflexions en cours ouvrent les perspectives de partage spatial et temporel des infrastructures des voies d'eau et des berges pour des usages diversifiés, c'est à dire le transport des marchandises et celui des passagers.
François Bellanger, Directeur de Transit City
Les réponses du 21e siècle ne vont pas se faire en termes d'outils [deux roues, quatre roues, transport public] mais en termes de croisements et de multiplicités entre des outils. Les jeunes ne voient pas la mobilité dans la voiture individuelle mais dans des formes innovantes de déplacement.
Jean-Charles Decaux, Président du Directoire de JCD
Le transport "collectif individuel durable et transgénérationnel" qui se paye en plus le luxe d'un petit prix ? C'est le Vélib' parisien, le plus grand service de vélos en libre-service du monde. Entre 2007 et 2008, Vélib' a enregistré 42 millions d'utilisateurs. C'est un autre transport collectif qui permet aux usagers de jouer entre les modes. 38% des usagers ont ainsi déclaré avoir pris un Vélib' en lieu et place de leur véhicule. Le succès a ses contreparties : il met en évidence la nécessité d'une gouvernance plus large, qui permette d'aborder les problématiques en amont, à l'échelle du Grand Paris et dans une vision de moyen-long terme.
Jean Delons, Chef de département Économie Trafic Cofiroute
On considère que le métier d'autoroutier consiste à construire une infrastructure et à l'exploiter, en réalité c'est de plus en plus un métier de services. Il va se déplacer, tout comme le métier de vendeur de voitures, pour devenir un métier de services. On va vers des systèmes de location généralisés où le véhicule n'est plus qu'un support et le besoin identifié est un besoin de service. Au lieu d'avoir quinze véhicules chez soi, on aura accès à quinze types de véhicules différents en fonction des nos besoins. On fait déjà cela quand on déménage, il faut que cela devienne quelque chose de normal.
Jean Grébert, Expert systèmes de transport & mobilité Renault
Quand on se déplace, on est programmé par la structuration spatiale dans laquelle on vit (emploi, habitat). Il faut donner les moyens aux Franciliens d'optimiser leur temps. Entre la voiture particulière-route et les transports collectifs-infrastructures lourdes, il manque des solutions pour donner de la flexibilité et de la souplesse à nos quotidiens. On pourrait gérer de manière plus fine son programme d'activité, en favorisant notamment l'immobilité. Le covoiturage a un potentiel énorme. Il reste des champs de possibles, notamment du côté des communautés.
Eric Le Breton, Animateur du programme « Mobilité et insertion », Institut pour la ville en mouvement
La ville s'étale et se complique toujours plus vite que les transports collectifs ne se développent. Le décalage entre réseau de transports collectifs, zones de résidences et zones d'emploi met en difficulté des centaines de milliers de personnes qui sont maintenues dans des situations de précarité parce que le transport n'est pas efficace. Qu'est-ce qu'on peut faire ? Du taxi social, du covoiturage, du transport à la demande, de la location très peu chère. On est actuellement dans un système à deux vitesses où l'on a d'un côté le "grand frère" transport collectif et les prétendants qui apportent des services de mobilité performants sur des petites échelles. (voir aussi un excellent développement sur le covoiturage).
Bruno Marzloff, Sociologue, Directeur du Groupe Chronos
La ville 2.0 dispose d'outils permettant de répondre immédiatement aux défis actuels des mobilités. La puissance publique doit investir de façon massive sur les intelligences pour fluidifier et faciliter les mobilités des usagers à un coût moindre puisque cela permet de rester dans le cadre des infrastructures existantes. Cette démarche répond à deux injonctions sociétales contemporaines :gérer les enjeux environnementaux et un quotidien complexe face à une offre multiple.
Philippe Mouilé, Président de Rollers et Coquillages
Le mode le plus rapide pour se déplacer dans Paris ? Le roller, suivi du vélo et des transports en commun. Quant à la voiture, on n'en parle même pas... Le roller était une mode, il est devenu un mode de déplacement à part entière. Mais la cohabitation reste difficile. Les pistes cyclables doivent être pensées en tenant compte des milliers de parisiens rollant pour aller au travail ou aux courses. Les rollers, considérés comme des piétons par la loi, sont obligés de s'immiscer sur les trottoirs, au grand dam des "piétons pédestres".
Gérard Uzan, Chercheur au laboratoire Technologies, Handicap, Interactions et Multimodalités, Université Paris 8
Opérateurs de transport et collectivités territoriales sont mobilisés autour de la question de l'accessibilité bien qu'ils oeuvrent souvent indépendamment les uns des autres. La nécessité actuelle est d'adapter l'existant pour le rendre accessible à des usagers handicapés. Les nouvelles technologies permettent de répondre en partie à cette exigence. La programmation est cependant difficile et les propositions des Schémas Directeurs d'Accessibilité se heurtent souvent à celles d'autres schémas directeurs. La question de l'accessibilité doit donc être intégrée aux autres orientations.
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Présentation de Chronos
Chronos est un cabinet d'études et de prospective dont les travaux s'articulent autour de quatre grands thèmes : les mobilités, la ville, le numérique et le quotidien.

