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Mère Nature s'invite en ville


28 08/09 de Julie Rieg

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Le lien est étroit qui relie la nature à l'urbanisme, à l'innovation, à l'économie même. Dans la citta continuata, ville toscane du XVe siècle, la ville est considérée comme la continuité de la nature ; la dichotomie urbain/rurbain n'existe pas. C'est ce rebond en arrière de six siècles que Bernard Reichen conseille aujourd'hui aux villes européennes, leur permettant de répondre aux trois enjeux - social, économique et environnemental - du développement durable (Futuribles - juillet-août 2009). Nous recensons trois leviers pour activer ce principe naturel :

 

1- Le partage entre espaces naturels et bâtis. Nouvel enjeu de l'urbanisme, ce partage voit déjà le jour dans la règle de la "compensation" (intégrer des espaces naturels "compensatoires" en milieu urbain). A Montpellier, ce principe est appliqué dans le Schéma de Cohérence Territoriale par la mise en place de "secteurs d'enjeux communautaires" à la fois urbains et ruraux. Dans d'autres villes, des aménageurs tentent de réconcilier la nature et le bitume en ensemençant de graines fleuries les parcelles de terre disponibles en ville. La verdure s'immisce aussi sur nos bâtis : c'est le phénomène de l'architecture verte (voir ici, ici et ).

Patrick Blanc - Madrid - Caixa Forum

2- L'application des principes naturels aux systèmes de régulation. Gunter Pauli fait l'apologie de cette théorie (FingLive) : pour lui, tout existe dans la nature, notamment le principe de durabilité (pas de chômage, pas de déchets...). Qu'il s'agisse d'utiliser des électrocardiogrammes à la place des énergies jetables comme les batteries ; d'étudier le fonctionnement de l'ADN pour développer l'Internet des Objets (projet européen Bionets) ; ou encore d'analyser les flux de déplacement à partir de la théorie des fourmis - selon laquelle la fluidité est le résultat de la communauté -, il s'agit toujours de réguler des flux, des énergies et des réseaux par l'observation et la transposition de phénomènes naturels. Bref ! Un véritable levier pour l'innovation.

 

3- La mesure de la qualité de vie en ville. Les touristes plébiscitent de plus en plus les critères de "durable", "nature" et "solidaire" pour choisir leur lieux de vacances. Dans la même veine, ils désignent la croissance verte comme solution à la crise. Dans Futuribles (juillet-août 2009), Emilie Hooge, consultante en prospective et Marketing (Nova7), rappelle que deux familles d'indicateurs sont nécessaires à la mesure de la compétitivité et de l'attractivité des villes : la rationalité économique, l'utilitarisme, le calcul des coûts sur les bénéfices d'une part ; et la subjectivité de la ville, sa valeur d'image d'autre part. La nature participe pleinement à cette subjectivité urbaine. Il est aujourd'hui essentiel de mesurer la qualité de vie des villes pour penser l'aménagement durable, comme le fait déjà Copenhague, élue ville la plus vivable en 2008. D'où l'intérêt de prendre en compte la nature pour mesurer la livability (ou "vivabilité") des villes.

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Chronos est un cabinet d'études et de prospective dont les travaux s'articulent autour de quatre grands thèmes : les mobilités, la ville, le numérique et le quotidien.

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