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Manifeste pour une architecture innovante


09 09/10 de Édouard Moreau, Directeur du technopolitan studio

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S'il est encore difficile de caractériser la période actuelle en architecture, une sorte de post-post-modernisme, il est sans doute une caractéristique à peu prés commune à tous les architectes et urbanistes contemporains : leur aversion à toute vision utopique de la ville. L'exercice a pourtant ses vertus.

 

En 1960, l'architecte anglais Cedric Price proposait sa propre vision de la ville du futur à travers son "Fun Palace". Un espace public, libre, participatif et ouvert à tous, où chacun pourrait "choisir ce qu'il fait ou regarder faire quelqu'un d'autre ; danser, parler, apprendre ou s'asseoir avec un verre et écouter ce qu'il se passe ailleurs dans la ville.". Une vision particulièrement contemporaine qui, avec 50 ans d'avance, prévoyait déjà une monde plus mobile, plus participatif et plus connecté. Des tiers-lieux avant l'heure.

 

 

 

Si l'architecte-urbaniste contemporain est si prudent, c'est avant tout un retour de balancier naturel, après les erreurs du modernisme en matière d'urbanisme et sa confiance aveugle dans le progrès (Lire aussi à ce sujet Non, ce n'est pas Brasilia). C'est également une méfiance chronique envers les technologies. L'évolution exponentielle de ces dernières effraie un milieu il faut l'avouer naturellement conservateur, où les briques et le mortier sont censés durer plusieurs siècles. Ces deux temporalités semblent s'exclure au premier abord. Comment construire des espaces urbains qui restent pertinents lorsque nos modes de vies changent si rapidement ?

 

Le sujet des nouvelles technologies est presque devenu tabou dans les écoles d'architectures, dont l'approche quasi exclusive reste la dimension environnementale de l'architecture et la ville durable. Pourtant, le digital se mêle maintenant au spatial et il n'est plus possible d'ignorer les conséquences concrètes sur nos vies de tous les jours (quelques exemples ici). Mieux, les deux sujets peuvent se combiner : une ville durable ne se mesure moins à sa quantité d'émission de CO2 qu'à sa capacité d'adaptation aux changements environnementaux, sociaux et économiques. Créer des espaces flexibles, adaptés aux nouveaux modes de vies et "intelligents" peut ouvrir des perspectives nouvelles dans ce domaine.

Nous sommes tous des "technopolitains" ; sorte de métropolitains hyper-connectés dans une réalité hyper-augmentée et hyper-mobile dans une hyper-ville qui privilégierait l'hyper-local. Bref, une société hyper-moderne comme le désignait déjà il y a plusieurs années l'urbaniste Francois Ascher. Derrière le danger de ces mots-valises, se cache de profondes transformations certainement comparables dans leur ampleur à la révolution industrielle.

 

Soyons clair : ce nouveau territoire d'innovation n'est pas l'apanage d'une profession mais à l'intersection de plusieurs disciplines non seulement techniques mais aussi sociales, de design, de communication, etc. Dans ce nécessaire réseau de collaborations en train d'émerger, l'architecte aura certainement un rôle important.

C'est cet esprit de collaboration et d'ouverture sur d'autres professions que nous essayons de mettre en place au sein du technopolitan studio, une agence de recherche et de design basée à Londres et créée il y a deux ans. Le studio consacre plus de la moitié de son temps à la recherche à travers des collaborations régulières avec l'école d'architecture de la Bartlett à Londres et avec le Strelka Institute, la nouvelle école de design, media et d'architecture à Moscou. De ce travail prospectif est né par exemple le concept "d'usages combinés" - " merged-use" en anglais -, qui consiste à concevoir des espaces ultra-flexibles pour différents usages simultanés ou dans un temps court, et où l'usager influence et même participe au contenu. Un concept simple en apparence mais complexe dans sa réalisation et qui a déjà entraîné un certain nombre de collaborations et de projets concrets pour notre agence.

 

Nous sommes dans une période passionnante d'innovation pour la ville ; mais cette dernière ne sera portée qu'à travers des visions ambitieuses et même utopiques de villes ouvertes, créatives, sensibles et intelligentes.

 

Le Technopolitan Studio rejoint le réseau de complices du Groupe Chronos.
Retrouvez-le à cette adresse et contactez Édouard Moreau pour en savoir plus.

Commentaires

09 09/10 de MV

Super article :)
Ca donne à réfléchir !

 

Présentation de Chronos

 

Chronos est un cabinet d'études et de prospective dont les travaux s'articulent autour de quatre grands thèmes : les mobilités, la ville, le numérique et le quotidien.

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