Le verbiage est d'or
14 09/09
40% de l'information sur Twitter serait du verbiage sans intérêt ("pointless babble"), nous apprend cette étude du cabinet Pear Analytics, évidemment ultra médiatisée. Il n'y aurait en face que 4% d'information "utile", continue-t-elle. C'est sans doute vrai, si l'on chausse ses lunettes d'hier pour décrypter le phénomène micro-blogging. Mais si Twitter était autre chose, l'annonce d'une nouvelle morphologie de l'information ?
Face aux assertions de cette étude, les défenseurs du réseau social montent à la charge. Répercutant un billet agacé de la chercheuse Danah Boyd, Transnets souligne la fonction phatique de Twitter : des messages sans valeur informationnelle (Allo, tu m'entends ?) mais qui "précèdent la capacité d'émettre ou de recevoir des messages porteurs d'information" et qui construisent ainsi le "milieu conducteur de la communication" (Wikipedia). Twitter n'est pas un média au sens usuel, mais il est, avec Google ou Facebook, le medium par excellence des médias, "traditionnels" ou non. De liens en liens, les twitternautes atterrissent sur les pages… d'autres médias, évidemment.
Au-delà de cette seule fonction phatique, la blogueuse Michelle Blanc s'élève contre les "inepties" de l'étude. Selon elle, Twitter est comme un laboratoire pour les annonceurs, qui peuvent trouver dans ce pointless babble des informations précieuses sur leurs clients. Le New York Times en avait démontré la pertinence en analysant, après la grand messe télévisuelle du Superbowl, les commentaires émis sur Twitter durant le match (et ses pauses publicitaires parmi les plus chères du monde). On pouvait ainsi voir s'animer les réactions de l'audience vis-à-vis des marques et de leurs annonces : une étude marketing à l'échelle d'un continent. Il y a quelques jours, une twitternaute influente se voyait offrir une machine à laver après avoir twitté sa panne. Du verbiage peut-être, mais qui vaut de l'or pour les marques. Nos lunettes d'hier sont bien en peine pour observer cette révolution du brouhaha.

