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Le travail éclaté et les nuages


26 01/11 de Aladin Mekki

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Nous discutons ici une intervention de Jason Fried, fondateur de la societé 37signals qui fournit des solutions de travail collaboratif sur internet (ce qui jette quelques interrogations sur la descente en flamme du travail au bureau à laquelle il se livre dans cette vidéo). Il y cherche une explication à l'impression très fréquente chez les cadres de n'avoir rien produit au terme d'une journée de travail pourtant bien remplie. Pour une synthèse de cette intervention, voir sur Zevillage.

 

Le processus de travail intellectuel nécessite, explique-t-il, une attention soutenue mise à mal de manière récurrente au bureau. De la même manière que l'infobésité empêche un message d'atteindre sa cible, les interruptions subies au bureau entraînent un coût de remise à niveau récurrent pour le travailleur. Ce besoin d'attention croissant, difficile à gérer du côté du travailleur, a aussi un coût en termes de productivité pour l'entreprise.

 

Pour y répondre, Jason Fried propose - avec une joyeuse provocation - la suppression des managers et des réunions (les M&M's, managers and meetings). Cela rendrait selon lui moins nécessaire la présence au bureau. C'est une mauvaise raison pour une bonne solution. L'enjeu est bien en effet, celui de la délocalisation du travail. Mais pas parce que les chefs ou les réunions seraient inutiles (l'un et l'autre changent de cadre et d'utilité dans une délocalisation du travail), mais plutôt car la délocalisation est un levier de productivité dans un contexte de dispersion, de parcellisation et d'autonomisation croissantes du travail.

 

La question à poser est celle d'une productivité mesurée à l'aune des disponibilités : celle de l'attention (qui serait plus forte hors du lieu principal du travail) et celle du temps de travail (qui a minima gagne sur le temps de déplacement).

 

Dans cette hypothèse, que reste t-il au bureau ? Ne deviendrait-il pas le lieu des sociabilités professionnelles et justement des réunions ? En effet, il faut de temps en temps descendre des "nuages" (cloud computing) et éviter la systématisation des solutions de type téléprésence. Mais ce n'est que le début d'une réflexion. A partir de là, quel rôle donner au siège du travail ? Celui d'une vitrine ouverte de l'entreprise sur la ville ? Pourquoi pas ?

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Chronos est un cabinet d'études et de prospective dont les travaux s'articulent autour de quatre grands thèmes : les mobilités, la ville, le numérique et le quotidien.

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