Je n'ai toujours pas réussi à trouver le texte qui fait foi sur le nombre de places de stationnement par logement construit, seulement cet extrait sur le site du Sénat :
" les directions départementales de l'Equipement recommandent l'application de règlement d'aménagement de zones dans lesquelles, pour chaque logement bâti en accession à la propriété, il est nécessaire de réaliser 1,2 voire 1,5 place de parking. " voir http://www.senat.fr/rap/r99-265/r99-2654.html
Nous venons de publier un autre texte plus long sur les parcs de stationnement (parking) intitulé "Le bonheur six pieds sous terre" et disponible par ici : http://www.groupechronos.org/index.php/fre/themas/dossiers/le-bonheur-six-pieds-sous-terre
Blog Chronos
Le stationnement se dynamise
14 04/10
Les joies du stationnement prêtent parfois à sourire, comme en témoigne le volet "Se garer" de nos petits rien urbains. Un échappatoire, peut-être, pour oublier que le stationnement est avant tout le symptôme d'une liberté automobile inconciliable avec la ville contemporaine (déjà en 1968 !). Symptôme, mais donc aussi solution lorsque l'on admet que le stationnement peut jouer un rôle moteur dans une meilleure gestion des flux urbains. L'Observatoire UTP de la Mobilité 2010 en prenait la mesure, chiffres à l'appui (cf. "Le stationnement, priorité de la ville fluide"). La problématique était aussi débattue par les techniciens de la ville durable lors des récents Entretiens du Certu. Le signe d'un changement de paradigme, dans lequel tous les acteurs de la ville se saisissent de ce levier pour construire une ville plus vivable. Les initiatives intelligentes ne manquent pas : tour d'horizon.
Données = intelligences
Le san-franciscain Streetline fait office de modèle avec ses "bumps", de discrets pavés blancs installés depuis 2008 sur les places de stationnement de la ville. Véritables concentrés de technologie, reliés sans fil à des parcmètres "augmentés", le système Streetline permet de générer un double jeu de données renseignant :
- la disponibilité d'une place de stationnement, grâce aux capteurs intégrés dans le bump ;
- le bon paiement d'une session de stationnement, enregistré par les parcmètres.
Grâce à Streetline, San Francisco à constater que 45% des sessions de stationnement étaient jusqu'alors impayées. Mais surtout, ce jeu de données permet à la ville de gérer en temps réel les prix du stationnement (yield management), offrant ainsi de nouveaux outils de maîtrises de l'espace urbain consommé. En face, les conducteurs accèdent via leur smartphone à un service de géolocalisation des places disponibles. Il peuvent ainsi adapter leurs trajets en temps réel. On en comprend aisément l'intérêt lorsque l'on sait que la recherche de place serait à l'origine d'un tiers de la circulation à San Francisco (nos villes ne doivent pas être bien loin...), selon le chercheur Donald Shoup.
Ma voirie dans la poche
Le modèle Streetline a démontré les vertus de la donnée dans le développement d'un stationnement intelligent, compatible avec la ville durable et fluide. En France, la start-up SmartGrains souhaite s'imposer sur ce marché encore inexploré, en proposant une combinaison similaire de capteurs/données renseignant la disponibilité des places (d'abord dans les parkings, puis, à terme, sur la voirie). Comme pour Streetline, les conducteurs pourront profiter d'un service d'information et de guidage en temps réel sur iPhone. De quoi rêver de trajectoires fluides.
Pricing et voiture verte
Le stationnement se veut aussi moteur de la voiture verte. Dans son fief de Cagnes-sur-Mer, le vice-président du Gart, Louis Nègre, impulse le stationnement gratuit pour les voitures les moins polluantes - dans les faits, seuls les véhicules électriques pourront profiter de ce privilège. Outre-Manche, les habitants du quartier londonien de Richmond upon Thames paieront leur place 25% de plus ou de moins selon le niveau d'émission de leur véhicule. Est-ce une solution pertinente ? Evidemment, un tel système de pricing contribue à stimuler la demande de voitures plus propres et donc à diminuer la pollution des villes. Mais l'on souhaiterait voir ces initiatives favoriser aussi la voiture servicielle (autopartage, covoiturage), l'autre voie de salut de la filière automobile. De surcroît, la voiture propre ne soigne pas les maux inhérent à l'objet automobile : occupation excessive de l'espace, congestions, etc (lire notre théma : voiture électrique et naissances des réseaux). De telles initiatives méritent donc d'être interrogées.
En finir avec le stationnement gratuit
La dernière livraison de Transflash (à télécharger ici) démontrait justement, chiffres à l'appui, le cercle vicieux du stationnement "facile" dans la construction des routines automobiles. Ainsi, la voiture sera utilisée neuf fois sur dix lorsque le stationnement sur le lieu de travail est assuré, et seulement trois à cinq fois sur dix dans le cas contraire. En Californie, les législateurs souhaitent aussi inciter financièrement les municipalités de l'Etat à diminuer l'offre de parkings gratuits pour les commerces. Une solution d'évidence, que l'on aimerait voir se décliner pour nos futurs centres commerciaux.
Commentaires
11 08/10
27 07/10
Très intéressant. Je suis surpris cela fait très longtemps qu'on entend parler de stationnement dynamique, je pensais qu'il y avait déjà des acteurs.
Sur le dernier paragraphe, supprimer les places de parkings dans les centres commerciaux, cela revient précisément à supprimer les grands centres commerciaux, à remplacer par des petites surfaces et des livraisons directes initiées depuis internet - le rêve !
Enfin je crois qu'il est obligatoire de construire une ou 2 places de parking (selon les zones) pour tout logement neuf construit : le sous-développement inscrit dans la loi...
Présentation de Chronos
Chronos est un cabinet d'études et de prospective dont les travaux s'articulent autour de quatre grands thèmes : les mobilités, la ville, le numérique et le quotidien.

