Blog Chronos

 

La ville sensible pour tous


22 06/10 de Caroline de Francqueville

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Des villes qui parlent ? Un mobilier urbain qui s'adapte à nos besoins ? Pour Dan Hill, designer, urbaniste et consultant chez Arup (Sidney) et auteur du blog City of Sound, les TICs peuvent transformer notre compréhension de la ville et nos comportements urbains. Le principal moteur de ces changements, ce sont les données issues de nos mobiles, de capteurs environnementaux, de compteurs électriques, etc... qui pourraient être partagées à tous les citadins. En rendant visible l'invisible, ces données ouvrent la voie à une ville sensible, accessible à tous.

 

Prenons l'exemple des réseaux de distribution d'électricité intelligents (les smart grids) et imaginez un instant que la consommation d'énergie de chaque ménage soit indiquée au dessus de son toit. Quelle influence sur nos consommations d'électricité ? Comprendrions-nous mieux notre environnement de cette manière ? Des recherches en cours montrent qu'une sorte de compétition amicale est un moteur efficace pour inciter les citadins à adopter des comportements éco-responsables, en particulier lorsque des éléments ludiques y sont associés. Un bruit d'applaudissements pour une douche de moins de 3 minutes ?

 

De la même manière et à travers une foultitude de projets urbains, Dan Hill indique dans cette vidéo en quoi les nouvelles technologies peuvent être des outils d'urbanité et de sécurisation des espaces. Il évoque la bibliothèque de Brisbane en Australie qui propose un accès wifi au public. Pour l'urbaniste et designer, cette fonction transforme l'usage de l'espace semi-public, utilisé bien avant et bien après les horaires d'ouverture. L'espace est ainsi vivant à toutes heures de la journée et le sentiment de sécurité du lieu s'en trouve amélioré (C'est toujours l'idée des "yeux de la rue", chère à Jane Jacobs). L'occupation de l'espace est également modifié par cet usage. Pour rendre cet aspect tangible, une modélisation 3D de la couverture en wifi de la bibliothèque a été réalisée. Les espaces où la connection faiblit sont indiqués en creux et les mieux connectés sont représentés par des pics. L'intensité d'usage du lieu correspond-il à l'architecture du réseau ?

 

L'expérimentation va plus loin. Après anonymisation des données, les différentes nationalités des pages web consultées par les utilisateurs de la bibliothèques ont été étudiées. La Chine, le Japon et la Corée du Sud apparaissent en tête de liste et renseignent ainsi sur le public présent dans le bâtiment. Quel changement le partage de ces informations peut-il susciter ? Il est encore trop tôt pour le dire.

 

Dans l'exemple de Brisbane, c'est le mur de la bibliothèque qui sert à afficher des données sur l'usage qui est fait du lieu. Pour Dan Hill, et c'est l'idée du 5e écran, la ville entière peut être un réceptacle de ces informations et donner ainsi à voir son fonctionnement. L'information sort du mobile pour devenir publique et accessible à tous. Mieux, la ville peut être réceptive à son environnement, aux flux des individus et s'adapter à leurs besoins. Un trottoir de Toulouse, couplé à un lampadaire sur rue produit ainsi de l'électricité et à Santiago les escaliers des stations de métro jouent de la musique comme des touches de piano sous les pieds des passants. Des projets qui soulèvent des questions, notamment sur leurs effets rétroactifs. Pour Dan Hill, une des questions qui doit guider les choix des aménageurs, designers et autres concepteurs de l'urbain est : comment étendre les capacités des individus grâce aux nouvelles technologies ?

Commentaires

12 07/10 de Olivier Anthore

Un point qui se dessine est que l'on fait de plus en plus appel au "contrôle social" pour faire évoluer les usages de la ville.

Formations culpabilisantes des enfants à l'écologie pour faire pression sur les parents, "name and shame" via les nouvelles technologies pour désigner les auteurs d'incivilité, généralisation de la vidéosurveillance renommée en vidéo-protection pour la rendre plus acceptable.

Ce qui faisait la force d'attraction de la ville comme espace de liberté et de tout les possibles se trouvent petit à petit grignoté à tel point qu'on fini par se demander si la véritable liberté n'est pas loin de la ville comme le pensait les hippies dans les années 70.

 

Présentation de Chronos

 

Chronos est un cabinet d'études et de prospective dont les travaux s'articulent autour de quatre grands thèmes : les mobilités, la ville, le numérique et le quotidien.

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