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La résilience des mobilités


27 09/10 de Bruno Marzloff

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Réponse du berger à la bergère - du New York Times à Wired. Chris Anderson, rédacteur en chef du magazine américain Wired - jamais à court d'une provocation -, proposait récemment une lecture des statistiques de consommation d'internet - The Web Is Dead. Long Live the Internet - pour servir une thèse sur la mort du Web. Affichant un graphique convaincant, il concluait bruyamment que la pratique du web conduirait à son extinction.

Le New York Times - Is the Web Dead? - lui oppose, à partir des mêmes sources de données, un graphique qui avance la thèse rigoureusement inverse. Si la part du Web se réduit en valeur relative dans les usages, il reste qu'en valeur absolue, la pratique du Web continue de grimper... simplement moins vite que d'autres usages d'internet.

 

Première conclusion vieille comme le monde, il suffit d'orienter la lecture pour tirer les enseignements qui conviennent aux propos. Ce n'est pas très correct d'attirer le lecteur de cette manière, moralise le New York Times.

 

Seconde moralité, nous sommes face à une croissance générale de consommation d'internet. Nous consommons toujours plus d'informations, de contenus, de conversations dans des modalités qui ne cessent de se diversifier. Le diagnostic est identique en matière de déplacements. Dans les deux cas, l'offre ne cesse ce croître. Certes, les congestions et les saturations ne sont pas dans ses deux univers du même ordre et n'emportent pas les mêmes conséquences. Mais, on observe dans chaque secteur, une même stratégie des consommateurs face aux limites d'un secteur et d'un mode: les usagers élargissent le champ, inventent la multiaccessibilité et consolident le multicanal.

 

Ainsi le Web ne meurt pas plus dans le marché d'internet que ne meurt l'automobile dans un marché des déplacements. Cette dernière poursuit sa croissance malgré les évidences d'une baisse criante de ses performances. Le parallèle entre ces deux mondes souligne qu'il existe toujours d'autres modalités pour servir une mobilité, qu'elle soit physique ou numérique, ou pour s'extraire d'une modalité qui définit des alternatives plus efficaces. Le Web comme l'automobile sont contournés, submergés et laissent place à d'autres modèles qui les absorbent sans les éteindre, qui les détournent sans les tuer, qui créent autour de l'ancien du nouveau qui réinterroge l'ancien.

 

C'est plutôt de cette éminente faculté de résilience des modèles dont il faudrait s'inquiéter. Comment s'orientent les pratiques et comment se façonnent des modèles inédits quand les usagers inventent des solutions ? Si le phénomène "2.0" a pu se porter aussi facilement de l'internet à la ville, c'est que ce sont bien les usagers qui inventent ces modèles et que ces conclusions valent autant dans les mobilités physiques que numériques.

 

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Présentation de Chronos

 

Chronos est un cabinet d'études et de prospective dont les travaux s'articulent autour de quatre grands thèmes : les mobilités, la ville, le numérique et le quotidien.

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