Blog Chronos
L’invisible de la ville… et les usages qui en découlent
24 11/10
Il existe une autre ville au-dessus des rues. Une ville de réseaux (WiFi, 3G, bluetooth, NFC, etc.), de conversations et de données, émises par les systèmes et par les usagers. Que produit cette ville ? Que change t-elle ? Et pour quoi ? Ces questions s'imposent progressivement dans l'agenda des villes et des territoires. Mais, pour que cette donne nouvelle soit intégrée dans les projets urbains, les acteurs des villes et des territoires doivent être en mesure de se représenter l'architecture invisible de cette ville. Coup de projecteur sur deux types de représentations singulières.
C'est à l'échelle d'un bâtiment, ici la bibliothèque de Queensland, que l'architecte Dan Hill adresse la question de la représentation des usages numériques. Il porte son regard sur les pratiques suscités par la présence du WiFi dans ce lieu public. Équipé d'un ordinateur, l'architecte s'est mis dans la position de l'utilisateur moyen, pour mesurer l'intensité plus ou moins importante de la connexion selon l'endroit où l'on se situe. Cette évaluation sert de base à une modélisation 3-D de ce que l'on pourrait nommer l'architecture numérique de la bibliothèque.
Outre l'intérêt propre de la représentation, la richesse de cette recherche tient dans la corrélation que Dan Hill souligne entre l'intensité de la connexion et l'intensité d'usage du lieu (voir cette vidéo pour aller plus loin). Ce ne sont pas forcément là où l'on attend les lecteurs connectés qu'ils sont le plus nombreux. Parfois les marches ou les coins reçoivent un meilleur réseau et sont donc plus usités que les confortables salles de lecture. Par ailleurs, dans et en dehors de ces horaires d'ouverture, la bibliothèque accueille dans ses parages des individus et leurs ordinateurs. Cela pose autrement la question de l'architecture numérique de l'espace urbain (pour aller plus loin : Our second city) et de son mobilier. Comment l'espace public est-il transformé par ces usages et comment peut-il s'y adapter ?
Un autre projet, de nature différente, a aussi travaillé sur la représentation des données numérique d'un territoire. Le GIP GPV, la FING et leurs partenaires travaillent à l'échelle d'un quartier pour révéler les usages des habitants de la rive droite de la Garonne qui sont répercutés sur la Toile. Le mode de représentation choisi est celui d'une carte dynamique d'un genre particulier : elle ne s'adosse pas à une réalité géographique mais propose un "mapping thématique". Réalisée par Linkfluence, elle permet d'analyser la structuration des différents sites, forums, blogs et réseaux sociaux de cet espace et d'en tirer des enseignements sur la participation des citadins, les sujets qui les animent, la représentation qu'ils se font, et celle qu'il crée, de leurs territoires (pour en savoir plus : Co-construire la rive droite (Numérique), restitution de la phase 1).
Pour différentes qu'elles soient, ces deux représentations ont le mérite de rendre tangibles une réalité qui paraît souvent abstraite aux yeux des praticiens de l'urbain.
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Présentation de Chronos
Chronos est un cabinet d'études et de prospective dont les travaux s'articulent autour de quatre grands thèmes : les mobilités, la ville, le numérique et le quotidien.

