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Jobs et l'écosystème médias mobile


02 09/11 de Bruno Marzloff

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Steve Jobs n'est pas mort, même si les médias réagissent comme si. On croule sous de quasi "nécros" dithyrambiques. Un excellent article de NYTimes propose une lecture singulière de son oeuvre : "l'équation médias".

Considérant, à l'instar de Marshall McLuhan, le média comme le message, Steve Jobs a "craqué" le modèle des médias et bouleversé les règles de l'écosystème.

 

  • Il a compris ce que sont les expériences actuelles des clients, en gardant en ligne de mire que le cyberespace est maintenant dans la poche des individus.

 

  • Il a compris qu'il fallait recentrer le système existant. La clé était le magasin en ligne. La vie au quotidien est dans le flux, donc le commerce est dans le flux. iTunes est son triomphe, avec 200 millions de cartes de crédit ouvertes en permanence sur son site !

 

  • Dans sa magistrale leçon d'innovation, "il a changé le vocabulaire des médias, ajoute le NYTimes.com : les albums sont devenus des fichiers, les abonnements sont devenues des applications et le média est devenu un moyen de plus pour faire que ce truc que vous avez dans la main soit magique."

 

Sept ans après IBM dont le CEO Sam Palmasino avait décidé de se débarrasser de la quincaillerie, Hewlett-Packard délaisse les machines pour le marché des services avec le rachat d'Autonomy. Tandis qu'Apple devient la première entreprise technologique au monde et la seconde capitalisation mondiale avec l'iPhone et l'iPad. Surgit alors la question de la valeur : réside-elle dans les machines ? dans les applications ? dans les données ? Non, dans l'écosystème mobile, bien sûr.

 

La preuve par Google. Avec l'immense succès d'Anrdroïd, son vaisseau amiral dans le monde des mobilités, la lourde acquisition de Motorola Mobility pour fabriquer ses propres machines et en imaginer d'autres souligne la volonté de consolider son écosystème mobile.

Microsoft de son côté s'allie avec Nokia pour imaginer un autre écosystème et s'excite autour du nouveau paysage dans l'univers mobile. Il invite la communauté Windows Phone à augmenter le nombre d'applications proposées, qui sont précisément un des nerfs de l'écosystème mobile.

 

Bascule-t-on de la machine à la donnée et à son traitement chaque jour plus conséquent ? Nullement, c'est le règne de l'écosystème mobile intelligent qui se consolide et dont Steve Jobs a eu très tôt l'intuition. Il l'a imposé à la galaxie des médias, étendant au passage son domaine d'application. La musique a été le cheval de Troie de cette stratégie, l'information suit, et le cinéma courbera l'échine pour entrer dans ce système.

 

Bref, Steve Jobs a transformé l'expérience des usagers en se glissant dans une logique servicielle, informationnelle et transactionnelle. Il s'est adossé à des infrastructures qui déterminent l'expérience de l'utilisateur d'une machine, quel qu'en soit le lieu et le temps, l'étendant progressivement à plus importantes activités du quotidien : le commerce et le travail.

 

Les illustrations de ce principe s'observent aussi ailleurs. Dans l'univers du transport par exemple. Quand Vélib' a mis en place la révolution désormais mondiale du vélo en partage - qui se propage maintenant à la voiture -, ce principe d'intelligence, fondé sur la dématérialisation, est mis en oeuvre. L'infrastructure matérielle (route et vélo) est inchangée, en revanche l'expérience utilisateur n'a plus rien à voir et la représentation du "mode" vélo bascule.

 

Autre exemple dans la distribution, les réseaux relais (Kiala, Mondial Relay...) comptent désormais des dizaines de milliers de consignes, comme autant d'interfaces couvrant le territoire pour recueillir les commandes faites à distance. Cette autre révolution se glisse entre l'usage et l'infrastructure. Réalisé dans la trame de l'existant - les lieux et les transports existaient -, ce principe transforme l'expérience de l'achat, en même temps qu'il transforme la représentation de la ville et du quotidien.

 

Reste l'écosystème du travail qui repose aussi sur une logique de médias. Les Echos mentionnent les initiatives d'architecture informatique des multinationales, centrée sur "les tablettes et les smartphones, se connectant à distance à un serveur (privé ou public) pour les données, ressources et applications. Celles-ci seraient accessibles via un AppStore réservé aux salariés. Apple vient d'ailleurs de lancer sa propre boutique professionnelle." Steve Jobs part en laissant largement ouvert le champ de l'innovation. Singulier paradoxe pour celui à qui on très souvent reproché son système "propriétaire" et fermé.

 

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Présentation de Chronos

 

Chronos est un cabinet d'études et de prospective dont les travaux s'articulent autour de quatre grands thèmes : les mobilités, la ville, le numérique et le quotidien.

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