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IVM, dix ans dans le move : l’âge de raison ? (3/4)
05 01/11
L'Institut pour la Ville en Mouvement, fondé en 2000 par PSA Peugeot Citroën, fêtait lundi 13 décembre ses dix ans. Chronos était sur place pour prendre le pouls d'un stimulant après-midi d'interventions. Reportage.
"Comment favoriser et faciliter les échanges entre différents acteurs ?" La question flottait dans l'ombre de la seconde table ronde, consacrée aux projets de l'IVM dans le développement durable, se posant plus précisément en ces termes : "comment créer un marché social de la mobilité durable ?"
Le terme de "marché social", proche de notre "marché unique" du déplacement (voir l'interview de Bruno Marzloff, texte ou vidéo), est encore une fois hérité de François Ascher. Selon lui, les défis de la mobilité durable ne peuvent être relevés qu'en s'inscrivant dans les logiques de l'économie de marché. Et comment mieux comprendre ces logiques qu'en s'inspirant du pays roi en la matière ? L'IVM a donc invité différents acteurs américains du secteur à s'exprimer sur le sujet lors d'auditions publiques (disponibles en vidéo). Une manière de diffuser constats et pistes d'innovations observées sur d'autres continents, ambition forte de l'IVM (nous y reviendrons dans un dernier billet).
Surtout, il s'agit d'élargir le cercle des acteurs impliqués dans ces questions, qu'il s'agisse du grand public ou des entrepreneurs. Dans cette perspective, l'IVM s'est penché sur trois questions qui nous tiennent particulièrement à coeur : les taxis, la nuit et les partages.
Et si les taxis étaient le chaînon manquant entre transport individuel et collectif ? La problématique a donné lieu à différents colloques et publications ("Où vont les taxis ?"), mais aussi à un sémillant "festival des taxis" lisboète en 2007. La question se prolonge aujourd'hui avec la création toute récente d'un réseau de recherche internationale : "The taxi network". On retrouve la volonté d'hybrider recherche fondamentale et action de terrain, chère à François Ascher (cf. rencontres éponymes).
De même, la question nocturne a donné lieu à une série d'interventions artistiques, à Rome (dans le cadre d'un Forum européen sur la mobilité nocturne en 2004) ou à Toronto. La grande leçon du projet s'inspire de Michel Tournier et de ses "inversions bénignes" : formuler des solutions innovations exige de poser les problèmes à l'envers, de renverser les sens de nos routines. Dans le cas des mobilités nocturnes, cela s'est traduit concrètement par une inversion de la direction des déplacements, en installant le temps d'une nuit des oeuvres d'art en banlieue plutôt qu'en centre-ville, afin de "rediriger" les flux. A contre-courant : c'est la fameuse "pertinence de l'impertinent" d'Orfeuil.
Dernier sujet, désormais bien ancré dans nos réflexions : les partages sont-il une voie viable de développement économique ? Le colloque "Acheter ou louer des biens de consommation" (2006) tentait de poser les jalons d'une problématique amenée à prendre un certain essor avec la crise, entre autres. On le mesure à l'appétence des usagers à s'inscrire dans une logique de co-production de services par exemple, ou aussi au succès des VLS dans les petites villes.
Partages, vie nocturne, taxis ou "cleantech" : inutile de rappeler que les mobilités de demain se construisent dès aujourd'hui autour de ces questions. L'IVM aura ainsi contribué à la diffusion de bonnes pratiques et aux partages de savoir entre acteurs, parfois d'un continent à l'autre.
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Chronos est un cabinet d'études et de prospective dont les travaux s'articulent autour de quatre grands thèmes : les mobilités, la ville, le numérique et le quotidien.

