Entretiens du Certu, février 2010. Compte-rendus des échanges.
02 02/10
Les enjeux systémiques de la ville durable redistribuent les cartes de la gouvernance et donc les périmètres d'action sur la ville. Devant à ce constat, le Certu organisait les 2 et 3 février dernier ses premiers Entretiens, invitant chacun des acteurs à mutualiser "stratégies, méthodes et savoir-faire". L'affluence aura été à la hauteur des ambitions : plus de 800 participants avaient choisi de braver la neige pour assister aux échanges. Chronos n'y a pas coupé, et s'est rendu sur place pour prendre le pouls des discussions
Retrouvez nos différents compte-rendus :
- Séance plénière d'ouverture (ci-dessous)
- Atelier "L'action des villes européennes pour la ville durable"
- Atelier "Partage de l'espace public : comment requalifier la ville existante ?"
- Séance plénière de clôture
Séance plénière d'ouverture
Comme le souligne en introduction Michèle Pappalardo, Commissaire Générale au Développement durable, "nous sommes tous en train d'apprendre la ville durable". Mais ses définitions restent floues, preuve peut-être de la difficulté d'accorder les acteurs entre eux. La réponse leur est donnée pour la première table ronde, qui réunissait un vaste panel de Directions Générales en tous genre.
La plénière s'ouvre avec Jean-Marc Offner, président de la Commission scientifique du Certu, qui propose d'emblée un premier rappel à l'ordre : méfions-nous des idées reçues ! Et d'alerter sur la "myopie" du regard que les acteurs portent sur la ville, notamment dans leurs focales métriques. Les résultats varient en effet grandement selon que l'on observe une échelle plus ou moins restreinte.
Exemple : si le bilan énergétique quotidien d'un citadin de ville dense est logiquement plus faible que celui d'un habitant périurbain, les tendances s'inversent si l'on étale les données sur l'année. La faute à "l'effet barbecue" de Jean-Pierre Orfeuil : alors que le citadin profite de son week-end pour partir en escapade, le périurbain préfère rester chez lui pour un barbecue ! De quoi remettre en cause la vision angélique d'une ville dense "forcément" plus durable ; tout est question de comportements.
Sortir des idées reçues : une invitation dont se saisit Claude Martinand. Citant Marc Wiel dans VilleRail&Transport, le vice-président du CGEDD invite à désacraliser l'inexorable extension des réseaux de transports urbains. La spéculation financière qui l'accompagne signifie en effet l'accroissement pervers de l'étalement urbain, à l'inverse d'un maillage intelligent des proches périphéries qu'il appelle évidemment de ses voeux.
Jacques Teys, chef de la mission prospective au CGDD, prolonge l'idée avec un exemple frappant : il faudrait créer à Atlanta, l'une des villes les plus étalées d'Amérique du Nord, plus de 3 500 km de réseaux nouveaux pour rendre les transports collectifs accessibles à tous. Un chiffre qui interpelle évidemment les acteurs de la mobilité, confrontés aux limites de l'élasticité budgétaire et spatio-temporels des territoires.
Michèle Merli, déléguée interministérielle à la Sécurité Routière, rappelle enfin que la ville durable devra aussi être "désirable", et donc sécurisée. La sécurisation des mobilités doit aujourd'hui jouer avec de nouvelles tendances urbaines : le vieillissement de la population impose une "mobilité ralentie", de même que l'essor de la marche en ville ; d'un autre côté, e-commerce et télétravail inversent les flux traditionnels des activités urbaines et dévoilent de nouvelles chronotopies urbaines. De nouveaux rythmes qui exigent de repenser la coexistence des usagers de la ville, et donc de passer d'un "code de la route" à un "code de la sécurité de la rue et de la route".


