Do It Yourself, l'injonction de "transports 2.0"
15 04/09
Dis, c'est quoi l'information-voyageur ? Question volontairement naïve, mais qui exprime les mutations actuelles de ce mot-valise. A l'origine information destinée au voyageur, elle devient aujourd'hui co-produite par ce dernier. La révolution provient du sempiternel web 2.0 et de ses réseaux collaboratifs. Nous l'annoncions il y a un an, surveillant les tentatives florissantes d'infotrafic sur Twitter et les communautés de partages d'information telles Clever Commute. La génération 2.0, celle du "DIY" (Do It Yourself), sait jouer de son expérience pour bouleverser un peu plus le jeu des gouvernances dans les transports.
L'infotrafic avait beau être sur Twitter, elle restait jusque là descendante (autrement dit "1.0"). L'usager s'invite maintenant pour la rendre collaborative et partagée. A l'image, sur la route, de l'application DIYtraffic qui permet aux automobilistes de twitter les avaries rencontrées sur leur parcours (accidents, travaux ou conduite difficile...).
A Toronto les transports s'offrent, en plus d'un compte Twitter, une communauté de participants (500 à ce jour) pour proposer des alertes en quasi-temps réel : une bagarre sur une rame ou un incident-voyageur, tout est décrit par les usagers eux-mêmes. Les réseaux sociaux, détournés de leur usages, deviennent de formidables outils de partages.
Ils n'en oublient pas pour autant leur aspect ludique. Le compte Twitter du BART (San Francisco Bay Area Rapid Transport) est un modèle de légèreté communicative : il propose des quizz culturels, répond aux usagers et les remercie... De quoi s'évader entre deux retards aussi twittés ! L'initiative est originale de la part d'un transporteur (déroutante ?) mais semble trouver son écho. Si elle n'est pour l'instant qu'un bel outil de com', elle ouvre la voie à ses successeurs.
Dans la même veine, l'opérateur californien publie les twitts d'usagers-lecteurs-contributeurs narrant leurs quotidiens dans les transports sur Twitter ou sur Flickr. Le résultat prête à sourire : l'on apprend par exemple qu'une femme fait son yoga dans les wagons et que les clowns se déplacent en métro. Le terrain d'expression, propice à la légèreté, permet aussi de remercier les employés de la compagnie. Il suffit de quelques clics pour établir un lien avec les usagers. Le BART devient un "personnage de bande-dessinée" avec qui les voyageurs se plaisent à communiquer.
Mais rendons à César ce qui lui appartient : l'information 1.0 sait aussi se faire plaisir quand il faut. La preuve avec le "poisson d'avril" que réservait la SNCF à ses voyageurs : Homer Simpson remplaçait la traditionnelle voix féminine aux annonces de gare (à écouter ici). Une initiative amusante - et intelligente - qui répondait... à un groupe Facebook, évidemment ("Pétition pour mettre la voix d'Homer Simpson comme annonces dans les gares", qui compte 140 000 membres) ! Le phénomène de l'usager contributeur n'en est encore qu'à ses débuts dans les déplacements, mais il laisse augurer de belles heures aux "transports 2.0". Aux opérateurs de prendre la suite.


