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De la mobilité en Espagne


18 10/10 de Nicolas Frasie

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Cette contribution de Nicolas Frasie, étudiant ingénieur à l'Université Polytechnique de Madrid et à l'École Nationale Supérieure des Mines de Nancy, souligne les téléscopages des grandes familles contemporaines des mobilités-déplacement. Focus sur les mobilités espagnoles avec :

  • Un effort foudroyant sur le routier en complet décalage avec la remise en cause du routier du SNIT en France.
  • Une compétition intense entre le train à grande vitesse à la peine et l'avion en progression fulgurante sur le long cours.
  • Enfin, une mobilité individuelle qui intègre rapidement les offres phare de la récente période, le vélo et les "partages" automobiles.
  • Au total, l'air du temps et ses contradictions. A suivre, "De l'intelligence des déplacements en Espagne".

 

À partir de la fin de l'isolement de la dictature au début des années 60, l'Espagne a pris un fulgurant envol économique. La relation des Espagnols avec l'automobile a été un des symboles forts de cet enrichissement. Ajoutez à cela les largesses du fonds de solidarité européen au profit des infrastructures du pays, et vous obtiendrez l'Espagne contemporaine. Une Espagne qui s'est construite autour de la route avec des péages quasi-inexistants et un plan de transport 2005-2020 qui se donnait pour objectif de situer 94% de la population à moins de 30 km d'un axe autoroutier.

 

Avec l'augmentation du prix du baril de pétrole et les besoins grandissant de mobilité, les dépenses en transport se sont envolées de 66% de 1995 à 2007. Pour relier les centres urbains, qui sont en Espagne plus éloignés qu'en France, une impressionnante offre alternative s'organise. L'augmentation de 364,8% des dépenses en billets d'avion entre 1995 et 2007 témoigne le mieux de cette évolution. De très nombreuses liaisons aériennes low-cost mettent à mal l'opérateur ferroviaire national Renfe, ainsi qu'un dense réseau de très populaires liaisons par autocars.

 

Si le transport aérien jouit d'aéroports en excellent état et particulièrement bien desservis par les transports publics de la ville la plus proche, la Renfe opérera fin 2010 le plus grand réseau à grande vitesse au monde (record temporaire) développe rapidement un réseau de train à grande vitesse, dit AVE, mais peine à reconquérir sa clientèle, tandis que les compagnies d'autocars parcourent chaque jour l'ensemble du territoire pour un prix modique.

 

Concernant les grands centres urbains, les divers problèmes liés au tout-automobile les incitent à s'intéresser à toutes les innovations du moment. De nombreuses villes espagnoles ont installé un service de bicyclettes en libre-service à l'instar du bicing de Barcelone lancé en mars 2007. Madrid a mis en suspens son propre système MyBici initialement prévu pour 2011, du fait de restrictions budgétaires. En revanche, elle ambitionne de se situer parmi les capitales mondiales championnes de la mobilité électrique, selon les propos de son maire Ruiz-Gallardón.

 

Coordonnées par l'IDAE, l'équivalent espagnol de l'ADEME, Madrid, Barcelone et Séville déploient le plan Movele visant à tester et promouvoir la mobilité électrique. D'ici fin 2010, jusqu'à 2.000 véhicules électriques seront largement subventionnées, et 500 points de recharge lente installés dans la capitale. Ce projet s'inscrit dans les objectifs du gouvernement de Zapatero, dit Plan Integral del Coche Eléctrico, dont l'objet est d'arriver à un total d'un million de voitures électriques et hybrides rechargeables en 2014, chiffre revu à la baisse fin mars 2010 à 250 000 unités du fait de la crise économique.

 

Parallèlement, le lancement de trois entreprises de carsharing (Connect by Hertz, Respiro et BlueMove) ainsi que du service Mu by Peugeot à Madrid en 2010 témoigne d'un marché en pleine effervescence, vraisemblablement facilité par la récente loi dite "ley omnibus" qui libéralise les services. Barcelone est pionnière en la matière avec l'entreprise de carsharing Avancar créée en 2005, tête de pont de l'américain Zipcar sur le Vieux Continent. Seville n'est pas en reste avec l'inauguration annoncée du premier service d'auto-partage 100% électrique en Espagne (Cochele). Mais la connaissance des Madrilènes de l'auto-partage est comparable à celle qu'en avaient les Parisiens il y a deux ou trois ans, aux dires de Lola Molins, responsable marketing de Connect à Madrid. En fait, "carsharing" ou "carpooling" sont traduites par la même expression en espagnol, "coche compartido" ou "voiture partagée", ce qui rend difficile la distinction et la compréhension des deux concepts mais souligne en même temps leur connivence.

 

À lire: l'analyse du secteur des transports de Euromonitor, le Barómetro de consumo de la ciudad de Madrid, le Plan Movele selon l'IDAE ou la Mairie de Madrid, le Plan Integral del Coche Eléctrico, et le Plan Stratégique des Infrastructures et Transport 2005-2020.

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Présentation de Chronos

 

Chronos est un cabinet d'études et de prospective dont les travaux s'articulent autour de quatre grands thèmes : les mobilités, la ville, le numérique et le quotidien.

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