Crowdsourcing : qui se passera des usagers ?
22 10/09
"Explosive" : la croissance d'Open Street Map, plateforme de cartographie collaborative et ouverte (sous licence Creative Commons), est incontestablement de cet ordre-là. On comptait 80.000 contributeurs en décembre dernier, il seraient aujourd'hui près de 160.000. Avec ses 23 millions de km de routes répertoriées, Open Street Map est devenu la première carte libre du monde. Et s'impose logiquement comme un concurrent de poids face à l'hégémonie des formats propriétaires, dont Google Maps est le meilleur représentant.
En atteste l'annonce récente par deCarta, leader des services de cartographie sur Internet, d'intégrer dans ses produits les données ouvertes d'Open Street Map. Un beau coup marketing pour les deux parties. Au-delà, cette annonce prouve une chose : on ne fera pas sans l'usager. En décembre, nous nous interrogions : "2009, année de la wikimap ?" La réponse positive se fait chaque jour plus évidente. Les coûts d'actualisation des données sont bien trop élevés pour un acteur unique - surtout lorsque l'on s'attaque à la planète ! Le crowdsourcing ("mettre la foule à profit") est une solution pertinente pour répondre à ces ambitions. Il suffit d'une simple comparaison de la cartographie bagdadienne pour s'en convaincre. En haut, Bagdad vu par GoogleMaps (Yahoo! et les autres ne font pas mieux) ; en-dessous, par Open Street Map. La messe est dite.
Note : les images sont des captures d'écran de la capitale réalisées sur les deux sites de carto
Dans la continuité d'un Wikipedia, le modèle Open Street Map porte de nouvelles perspectives d'innovation collaborative. Ce qui est vrai pour les cartes est aussi valable dans les transports, nous rappelaient justement Yann Le Tilly et Loïc Haÿ (Le collaboratif est-il soluble dans les transports ?). Reste quelques obstacles au développement des wikimaps. Il faut lire, pour s'en convaincre, cet amusant reportage d'Ecrans plongé dans la jungle de Sarrebourg, petit patelin lorrain évidemment non cartographié. La communauté frenchie d'Open Street Map a récemment reçu l'aval de l'Etat pour intégrer les plans cadastraux nationaux dans ses cartes. Un vrai coup de pouce pour la carte ouverte... et une manne pour les collectivités à laquelle s'oppose l'absurde fermeture des cartes numériques de l'IGN. De quoi, peut-être, dévoiler les vocations d'apprenti mapper ?


