Mes excuses si c'est ce que mes tournures de phrase ont pu laisser penser. Cela fait bien longtemps que Chronos suit les PARK(ing) Day, et nous sommes bien sûr au courant des initiatives existantes ailleurs en France depuis un moment déjà (à noter d'ailleurs que Paris a été relativement lent à l'allumage !)
Mais comme vous le dites, la prise d'initiatives de Dédale donne une ampleur certaine au projet. Et surtout, c'était une manière de "teaser" un peu le PARK(ing) Day version Chronos que nous installerons au pied des locaux : http://www.groupechronos.org/index.php/fre/blog/park-ing-day-un-tiers-lieu-rue-saint-denis
Blog Chronos
Chroniques des villes agiles #1 - L’essor des parklets
13 09/11
"Chronique des villes agiles". C'est un beau titre que la plume de Philippe Gargov* a trouvé là. La première de ces chroniques est là pour célébrer le détournement de ces places apanages de la voiture dans la cité. Cette "reconquista" légère - pour reprendre sa terminologie fleurie - masque un "aggiornamento" (visitons d'autres cousins du sud !). Bien sûr, ce joyeux détournement - le dernier parklet recensé ce jour est ... un édicule de toilette doté d'une cartographie de quartier - est une adaptation ad hoc à l'évolution du monde actuel. Ces signes soulignent la résilience subtile du système urbain. Nul n'est besoin d'être frontal contre la voiture, d'autant que ... nous sommes tous automobilistes. Nous sommes curieux de la suite de ces chroniques. Chronos
C'est LA tendance urbaine du moment : les "parklets" font depuis peu leur entrée dans le vocabulaire médiatique et urbanistique. Un nom de baptème qui atteste de leur démocratisation, à San Fransisco ou ailleurs, après quelques années de tâtonnements autour d'initiatives précurseurs - dont le PARK(ing) Day est certainement le représentant le plus connu. Que sont exactement ces fameux parklets ? Et surtout, pourquoi sont-ils devenus à la fois symbole et héraut d'une ville plus agile ?
On appelle parklet la création d'espaces de loisirs sur les places de stationnement inoccupées. Cafés un peu bobo, simples coins de verdure ou aires de jeu pour enfants naissent ainsi, de manière éphémère ou non, sur un territoire longtemps exclusivement réservé à la reine automobile. Une forme de reconquista douce dont les perspectives sont aussi nombreuses que les urbanités qu'elles replacent au premier plan.
C'est en effet sous-entendu dans la démarche parklet : il ne s'agit pas seulement de créer un espace de détente au sein de la ville dense et surmenée, mais aussi de rendre aux petites urbanités la place qu'elles avaient perdu ces dernières décennies. En cause, un urbanisme essentiellement fonctionnaliste qui en aura oublié ses habitants. Les parklets représentent ainsi une démarche d'aménagement de l'espace aussi simple que puissante. Le blog Pattern Cities parle d'ailleurs de Tactical Urbanism pour évoquer ce type d'actions de petite échelle spatio-temporelle (micro-espaces + éphémérité) mais dont les bénéfices se ressentent à l'échelle de la ville.
Légende : Jouez petits enfants / Berlin, automne 2008 par Léa Marzloff
Le choix d'un terme guerrier n'est pas anodin, et il en va de même dans ce texte lorsque nous parlons de "reconquista" (ou lorsque l'on évoque le "guerilla urbanism", version sauvage et illégale de la réappropriation d'espaces vacants). En étant ainsi "officialisées" par un nom de baptême, ces réappropriations prouvent qu'elles se pensent comme véritables processus urbanistiques, et non comme simples détournements sans conséquences durables (et ce malgré leur caractère plus ou moins éphémère). Plus qu'une simple redistribution des espaces et des temps de la ville, la tendance parklet témoigne et accompagne la reconfiguration profonde des pratiques, en particulier des mobilités, et la nécessaire évolution des morphologies urbaines que cela induit.
Si une majorité des parklets prend aujourd'hui la forme de cafés éphémères, d'autres voies existent. A Copenhague, les places de stationnement sont par exemple "offertes" aux vélos de 7h à 17h avant d'être "rendues" aux automobiles en fin de journée. Actuellement en test, le "flex parking" évite ainsi la construction de bornes pour vélo mais aussi les inévitables tensions entre municipalité et automobilistes qui n'ont pas la possibilité d'abandonner totalement leur voiture. Surtout, ce système par définition flexible est adaptable à volonté aux différents usages. On peut ainsi imaginer que les places de flex parking deviennent durant l'été des terrains de jeux pour enfants, ce que ne permettrait pas une borne vélo ancrée au sol. A New York, les "terrains de jeux instantanés" naissent ainsi du bitume pour inciter les citadins à davantage de sport. Un filet, des raquettes : le tour est joué, pourvu qu'on ait l'espace. On parle de "pop-up urbanism" pour désigner ces micro-agilités urbaines que Pop-Up City annonçait comme une tendance majeure de l'année 2011.
Légende : Bac à sable sur quai / Gare de Nantes, août 2010. Léa Marzloff
Il est en effet question d'agilité. Les parklets et autres pop-up urbains (sic) s'inscrivent dans un contexte bien connu de crise des ressources urbaines : crise financière et écologique évidemment, mais aussi crise spatiale dès lors qu'on a atteint les limites de l'étalement urbain. Face à cela, les parklets sortent la carte des maîtrises d'usage, en proposant d'adapter les structures existantes (ici des places de stationnement) plutôt que d'en créer de nouvelles. Une agilité nécessaire, qui s'inscrit plus généralement dans l'esprit du temps : le règne du mouvement.
L'agilité des structures urbaines est en soi une forme de mobilité, non dans l'espace dans le cours du temps face auquel il devient possible (et nécessaire) de s'adapter à moindre coût social, énergétique et financier. De même que les mobilités "opportunistes" ouvrent la voie du citadin agile, les parklets et autres pop-ups ouvrent celle d'une "ville agile" dont nous commenterons les formes et les possibles dans de prochaines chroniques.
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Note : Organisé par Dédale, le PARK(ing) Day français aura lieu le 16 septembre à Paris. Nous irons évidemment prendre quelques photos ! Nous verrons bien si l'imagination de nouveaux espaces de vie prend le pouvoir aussi de ce côté-ci de l'Atlantique.
*Philippe Gargov est Géographe, spécialiste de la ville numérique et de ses imaginaires. Fondateur de [pop-up] urbain, cabinet de tendances spécialisé dans les problématiques urbaines.
Commentaires
15 09/11
18 09/11
PARK(ing) DAY n'appartient heureusement à personne et s'il y a bien un initiateur, il est américain... donc un peu juste de vouloir donner la paternité à une structure pour "la France" d'autant que le concept est bien que chacun puisse à son niveau s'approprier l'espace public le temps d'une journée, le transformer, l'interroger ... à l'échelle locale comme internationale...
Paris oui et ailleurs en France et dans le monde.
exemple : http://blog.scopic.eu
14 09/11
Sauf qu'il n'y a pas que Paris qui organise un park(ing) Day. C'est aussi loin d'avoir été les premiers en France, ni les plus nombreux.
Reconnaissons en revanche à Dédale d'avoir réussit à créer une dynamique nationale.
Présentation de Chronos
Chronos est un cabinet d'études et de prospective dont les travaux s'articulent autour de quatre grands thèmes : les mobilités, la ville, le numérique et le quotidien.

