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Cetelem veut sauver la voiture pour les jeunes


22 03/11 de Klio Krajewska et Aladin Mekki

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L'Observatoire Cetelem a récemment publié une étude sur les comportements des jeunes européens (de moins de 30 ans) face à l'automobile, ou plutôt, sur les comportements des jeunes concernant l'achat de voiture. Ce qui n'est pas tout à fait la même chose.

 

Sa vocation est très claire : rassurer (les jeunes resteraient une source de croissance pour les constructeurs) et définir les conditions de réussite pour la vente (et donc pour le crédit à l'achat d'une voiture). On apprend donc que le marché doit répondre simultanément à trois attentes majeures : le prix, l'esthétique et l'écologique. "Le gagnant sera donc celui qui proposera du low-cost hybride ou électrique en phase avec les codes esthétiques du moment". Soit, sauf que cette voiture n'existe pas puisque les termes sont antinomiques.

 

Donc, ce n'est pas une étude sur l'évolution des usages des modes de transport, sur la performance de l'intermodalité, sur la voiture servicielle, sur les pratiques de l'autopartage ou covoiturage, etc. C'est une enquête sur l'achat de la voiture comme une fin en soi.

 

Cette réserve faite, regardons de plus près les chiffres. Mais pas ceux mis en exergue ("J'adore conduire" - 83% Oui !) ou maquillés en révélation (à la question "Pour moi la voiture est avant tout un moyen de transport", 77% de jeunes européens répondent affirmatif. Hum... ce serait quoi sinon ?). Regardons les autres. Pour faire style, cette étude comporte un volet "Nouveaux services alternatifs". Trois questions pour des informations légèrement contradictoires :

 

  • "Préférez-vous utiliser le système de location plutôt que d'acquérir une voiture ?", seuls 27% des jeunes de moins de 30 ans répondent par l'affirmative. Difficile ici de ne pas mettre en doute la question, qui ne précise pas à l'interviewé sur ce que l'on entend par "système de location"; de plus, sans information sur les prix de ces services et les modalités d'accès.
  • "J'utiliserai davantage la voiture à l'avenir si elle est disponible en libre-service", 34% des jeunes Français sont "tout à fait d'accord" ou "plutôt d'accord" (la moyenne européenne se situant à 35%).
  • Les Portugais, les Espagnols et les Polonais qui croient le plus en la voiture servicielle avec respectivement 67%, 58% et 62% de déclarations favorables à cette affirmation.
  • Lorsqu'on leur demande ce qui les intéresse dans les services associés à la location automobile (pas d'engagement de durée, prise en charge totale des frais, pas d'apport initial, etc.), les jeunes répondent pourtant par l'affirmative dans 80% des cas pour l'ensemble des items qui leurs sont présentées. Dont acte ! L'issue n'est donc pas nécessairement l'achat pour les jeunes.

 

Au niveau de la prospective la question posée est "Pourriez-vous imaginer toute une vie sans voiture ?" Et, devinez quoi, ils ne sont que 22% à répondre "Oui". Cela signifie t-il l'acquisition personnelle d'une voiture neuve pour autant ?

 

Mais on sait par ailleurs (voir par exemple ici) que le tendances mondiales disent le contraire. La voiture perd sa dimension statutaire, l'âge moyen d'acquisition d'une voiture neuve est de 51 ans en Europe, la voiture voit s'éroder la connotation de liberté, les jeunes ne passent plus massivement le permis, et l'évidence de l'usage d'une automobile ne s'impose plus en milieu urbain. On assiste à un passage du modèle de possession à un modèle d'usage (voir ici ou ).

 

Ces questions s'interrogent aujourd'hui différemment et avec des indicateurs nouveaux. Dommage, puisque ce sont précisément ces basculements - de la voiture patrimoniale vers le service, de la voiture vers le marché unique des déplacements - qui bouleversent le marché automobile.

 

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