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Archi & BD, la ville dessinée


07 09/10 de Tommy Pouilly

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Les uns la construisent, les autres la crayonnent. Les architectes comme les auteurs de bandes dessinées ont cette faculté commune de penser, d'imaginer et de représenter le milieu urbain. Une exposition les réunit actuellement à la Cité de l'Architecture et du Patrimoine à Paris.

Thématique à l'honneur cette année, le dessin est à la base du projet architectural comme du projet de bande dessinée. Entre les carnets des architectes et les planches de BD, les ponts qui sont jetés sont ceux de l'imaginaire. Tandis que la bande dessinée se balade d'utopies en villes fantôme, l'architecte reste condamné au réel.

 

Pourtant, à regarder les planches exposées à la Cité de l'Architecture on comprend qu'il n'y a pas tant de chemin de la fiction au projet. Qu'elle soit là en toile de fond ou comme un élément de critique sociale et historique - voire, parfois, un personnage à part entière - la ville est sur-représentée, sublimée dans ses qualités sensibles. Certains dessinateurs, comme Tardi, la dessinent de manière très précise. D'autres imaginent des villes surnaturelles, comme les architectures végétales de Luc Schuiten ou les milieux urbains hostiles d'Enki Bilal : sorte d'hybridation de toutes les villes, cet environnement-là est un non-lieu, un décor meurtri qui répond à la psychologie des personnages. Ces villes fantasmées renvoient à nos peurs ou nos aspirations humaines face à une urbanité réelle ou idéalisée. Au fil des 350 oeuvres et planches originales que compte l'exposition, on s'aperçoit que peu de traits suffisent à traduire l'angoisse ou le plaisir d'un lieu.

 

 

1© Marc-Antoine Mathieu. 2© Dupuy-Berberian - Dupuis 2003. 3© Jacques de Loustal. Source : ici

 

 

Il reste que l'imaginaire a parfois du mal à produire du neuf avec de vieilles références. La place qui est offerte à la voiture et aux différents symboles de mobilité n'est ainsi pas renouvelée. Dans les villes imaginaires ou futuristes la voiture est généralement toujours aussi présente, immuable. Redesignée parfois. Mais elle renvoie toujours aux usages des mobilités du XXème siècle : la plupart du temps l'automobile y règne toujours en maître, et la figure de l'auto-soliste fait référence. Dans notre billet "Panne d'imaginaire dans la ville", Philippe Gargov en accusait la "path dependancy" pour souligner le poids des héritages dans les processus d'innovation.

En ces temps où le développement durable invite à intégrer davantage les habitants dans la conception de leur ville, la BD a le mérite de rendre le travail des architectes plus accessible - et du même coup, la ville plus lisible. Dans la librairie de l'exposition, on trouvait ainsi le livre MétroBasel qui présente le projet de Bâle Métropole en cases et en bulles. Preuve que la bande dessinée peut faire partager une vision métropolitaine à une population variée.

 

 

Exposition du 9 juin au 28 novembre 2010 à la Cité de l'Architecture et du Patrimoine, 1 place du Trocadéro à Paris. Voir l'événement sur le site internet du Palais Chaillot.

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Présentation de Chronos

 

Chronos est un cabinet d'études et de prospective dont les travaux s'articulent autour de quatre grands thèmes : les mobilités, la ville, le numérique et le quotidien.

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