03 09/10
"Je ne m'ennuie jamais en attendant un avion dans un aéroport", Gérard Lefort dans Libération cite Jacques Tati à propos du dernier film d'Angela Schanelec, Orly* qui traite des transits "où paradoxalement, entre temps mort et temps perdu, on ne bouge guère", mais où tout aussi paradoxalement on vit intensément. Pour la réalisatrice, le postulat du film est le suivant, "les voyageurs deviennent une sorte de communauté". S'agissant d'une communauté de fait d'habitants provisoires aux contours changeant, la remarque n'est plus banale. Ce réseau volatil et évolutif de résidents temporaires produit quelque chose de neuf que le film explore, à la fois un désajustement institutionnel et architectural entre un lieu et ses usagers et une créativité dans le réajustement social spontané. Marc Augé, en 1992, faisait commencer justement son observation anthropologique des Non-Lieuxdans un autre aéroport, Roissy Charles de Gaulle.

