« L'automobile est aujourd'hui l'équivalent assez exact des grandes cathédrales gothiques ». Quand en 1957 Roland Barthes publie ses Mythologies, introduction à la France des débuts de la société de consommation, il la place parmi les grands symboles de son temps - entre bifteck-frites et matchs de catch. « Une grande création d'époque », « un objet parfaitement magique » : la voiture d'après-guerre est vecteur de représentations si fortes qu'elle s'imprime dans l'imaginaire collectif comme un tout sacré et désirable, indispensable prolongement du corps lui-même. En cinquante ans, que s'est-il passé ? De sa généralisation à sa surconsommation, des "trente glorieuses" à la crise mondiale d'aujourd'hui, la sociologie de la voiture, son image, son usage se sont profondément modifiés [...].
« Il y a une rupture dans l'image de la voiture : sa dimension statutaire s'effiloche au profit d'une dimension utilitaire », résume Bruno Marzloff, qui voit dans son downsizing la preuve d'une profonde mutation. De nouveaux modes d'utilisation apparaissent : le système d'autopartage, prévu à Paris et en place à Lyon, fonctionne déjà aux États-Unis, où Zipcar compte plus de 300 000 abonnés. Autres pistes : la "multimodalité" et l'"intermodalité". « Plus on est mobile, moins on se sert de sa voiture. Il ne s'agit pas de l'abandonner, mais de l'utiliser intelligemment. Pour l'instant, on ne s'en sert que 5 % du temps... tous en même temps », reprend Bruno Marzloff. Villes à péages, généralisation du stationnement résidentiel, couloirs de bus : l'Europe et les États-Unis préparent la nouvelle mobilité.
Télécharger l'article complet : Total Energies - Panne d'image ?
Télécharger aussi la version chinoise
Présentation de Chronos
Chronos est un cabinet d'études et de prospective dont les travaux s'articulent autour de quatre grands thèmes : les mobilités, la ville, le numérique et le quotidien.





