Métro - Park(ing) Day : recréer la ville

16 09/2011


Le Parking Day envahit Paris, vendredi 16 septembre et tout le week-end. L'évènement mondial invite les Parisiens à se réapproprier un emplacement de parking pour le transformer en lieu d'échange.

Park(ing) Day c'est avant tout de la convivialité : remplacer les voitures parquées par la rue par des "stands" tenus par de vrais gens qui ne demandent qu'à vous inviter dans leur rectangle improvisé. Dans la rue, il y a un peu de tout : des performances de danses, des associations, des dégustations de légumes bio ou encore des entreprises et agences qui partagent leur travail et leur vision de la ville.

Bottes de pailles, fausse pelouse et légumes bio

Chacun a sa technique pour attirer les promeneurs. Quand certains ont choisi d'installer des espaces façon "coworking", d'autres ont placés de véritables aimants à passants. C'est le cas de Chronos, un cabinet d'études et de prospectives autour de la mobilité, qui a monté son salon de jardin à l'angle des Rue Saint Denis et du Caire. Sur la table, un gros panier de pommes fait de l'oeil aux riverains.

La stratégie est la même du côté de WWF qui cherche àsensibiliser les Parisiens sur leurs empreintes écologiques et l'utilisation des Amap. Bottes de pailles, fausse pelouse et légumes bio, l'ambiance est champêtre. Aline, de Buzz Car, un service communautaire de partage de voitures, installée rue Notre Dame des Victoires, comprend assez vite le truc et se décide à aller acheter du pain et du miel pour allécher le chaland, tout en faisant écho au logo de l'entreprise : une abeille.

Si la réception des passants est plutôt bonne, certains riverains se plaignent. Ainsi Chronos s'est vu apostropher par les cafetiers voisins arguant que "ici on est là pour faire du business".

Et si on recréait la ville collectivement ?

Occuper une place de parking a ceci de particulier que l'action permet de repenser son usage de la ville et de ses espaces dédiés. Chronos, par exemple, a choisi de s'installer sur une place informelle qui sert habituellement aux camions de livraison. "Mais une fois installés, on s'est rendu compte qu'on était sur un double-sens vélo, ce qui amène à réfléchir à la coexistence des modes de transport dans la ville", raconte Laurence. En ça, elle rejoint Buzz Car, qui réfléchit à l'optimisation des places occupées par les voitures.

Chronos s'intéresse plus particulièrement à ce qu'on appelle le « tiers lieu », c'est-à-dire cet endroit qui ni chez soi, ni le travail : un lieu urbain de transition aux usages hybrides (travail, détente, rendez-vous professionnels,...). Le cabinet va recevoir cet après-midi ses clients dans la rue, comme un espace de coworking en plein air. Installés là ses membres se rendent compte que c'est un environnement bruyant où la connectivité internet est mauvaise, d'où l'intérêt de repenser la ville en fonction des nouveaux usages qu'on veut lui donner.

Maud Beau, de l'agence UFO, présente l'application "Villes sans limites" qui permet à tout le monde d'imaginer le futur des quartiers et les faire évoluer. L'application joue sur la gamification en proposant à l'utilisateur de rajouter ou enlever des arbres, rajouter ou enlever de la densité urbaine, en fonction de la manière dont ils aimeraient l'espace urbain. Les données collectées devraient permettre à UFO de donner du poids à des propositions de projets urbains, en remettant l'habitant au centre de l'urbanisme.

Etre en accord avec la législation

Toutefois ces initiatives sont extrêmement cadrées. Et l'espace public -qui appartient à tout le monde- est soumis à des lois. Les créateurs du Mobilot, George et Jimmy de l'agence Comececi, ont eu quelques surprises. Partant de la constatation qu'il était difficile de s'asseoir en ville, faute de bancs, ils ont créé leur propre terrasse mobile. A l'origine, ils voulaient pouvoir la mettre à disposition et puis la question du business modèle s'est posé, ainsi que celle de la législation.

Fortement sollicités par les restaurateurs, ils ont découvert lalégislation sévère des terrasses. Depuis peu une modification de la réglementation des terrasses stipulent que désormais les contre-terrasses peuvent s'installer sur des places de parking à condition de se soumettre à l'horodateur. George et Jimmy ne sont toutefois pas libres : ils doivent signaler à la préfecture où et quand ils comptent s'installer, suffisamment à l'avance. Dès lors, mobilité ne rime plus avec spontanéité.

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Présentation de Chronos

 

Chronos est un cabinet d'études et de prospective dont les travaux s'articulent autour de quatre grands thèmes : les mobilités, la ville, le numérique et le quotidien.

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