Droit au loisir contre droit au sommeil. En ville, « le conflit est ancien entre les noctambules et ceux qui veulent être tranquilles la nuit », souligne Laurence Sellincourt, collaboratrice du cabinet de sociologie Chronos. « Avec la montée des problématiques sur la qualité de vie et la pollution sonore, les nuisances nocturnes sont de moins en moins tolérées », analyse-t-elle. D'où l'agacement des riverains et un repli de la nuit « très dommageable pour la société », poursuit la psychosociologue Catherine Espinasse, qui travaille donc avec la Mairie de Paris et la RATP afin de changer l'image de la nuit, « diabolisée par les médias et les pouvoirs publics ». Un avis partagé par Laurence Sellincourt, qui insiste sur la nécessité de prendre en compte les différentes phases de la nuit dans l'organisation des activités nocturnes, alors que les préjugés ne tiennent compte que du coeur de la nuit, après 3 h du matin, « la nuit angoissante ». Or, dans le prolongement de la journée, jusque 23 h, sorties des cinémas et restaurants animent les rues, suivie directement de « nuit autorisée » jusque 2 ou 3 h du matin. Et « c'est ici qu'il faut augmenter l'offre en transports et lieux de nuit », précise-t-elle.
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