
Si, au lieu de tenter des solutions qui portent en elles-mêmes les germes des problèmes de demain, on s'intéressait à la "fabrique de la crise" ? C'est à quoi nous invite Christian Tarpin : "Aujourd’hui, la mobilité 'tape dans le dur', autrement dit dans le budget des ménages".
Tous les indicateurs sont au rouge.
• Les transports collectifs ont trouvé leurs limites dans les excroissances géographiques "prédatrices".
• La voiture, dans son format classique, n'est plus une réponse soutenable.
• Les budgets transport sont une charge intolérable pour les usagers et pour la collectivité qui se voit confisquer des investissements plus précieux pour la société.
• Ensuite, les investissements ne se font pas là où on les attend, dans l'information. "Dans le domaine des transports en commun en Ile-de-France, il y a deux ans, sur les 7,2 milliards d’euros de budget, 24 millions d’euros étaient consacrés à l’information soit 0,3%." Dérisoire ! quand on sait le levier d'efficience de l'information en matière de déplacement.
• Enfin, la mobilité a un coût qui est tout sauf transparent.
Si "la mobilité est en butée", alors guettent deux dangers : d'une part de ne pouvoir satisfaire un droit légitime à la mobilité des individus et d'autre part de ne pas accompagner une activité économique largement adossée à la mobilité.
La crise de la mobilité est brutale. Le baril à 135$ et les méfaits des gaz à effet de serre font conjointement œuvre de salubrité publique pour révéler des carences, des limites, et des perspectives. Et si on s'attaquait à la fabrique de la crise dont
Chronos se fait l'écho ? Les solutions ne manquent pas, notamment du côté de nouvelles conceptions de la voiture.
A l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées, les passions de Christian Tarpin pour les transports, l’urbanisme et les systèmes d’informations détermineront son orientation vers les « transports intelligents ». Début 1987, il assiste la Ville de Paris avec qui il initie des projets innovants de gestion du trafic. Il devint maître d’œuvre du projet de gestion du périphérique et de son système de panneaux d’affichage des temps de parcours, première mondiale, puis du Système d’échanges de données de trafic. Il a aussi été le maître d’œuvre du système Surf 2000 qui gère les feux et fournit une vision complète de la circulation de la capitale. Puis, il intervient dans le cadre de "Carminat", fédérant Renault, Sagem, TDF, etc. Il crée la chaîne technique d’édition des contenus trafic de la société Mediamobile qui a lancé en 1997 le service d’information routière temps-réel embarqué "Visionaute" et opère les services diffusés par RDS-TMC : les automobilistes, partout en France peuvent recevoir sur leur système de navigation l’annonce des événements les concernant. Il rejoint Setec en 2004 comme directeur du développement. A ce titre, il partage et confronte avec les acteurs de terrain sa vision de la mobilité et des changements de paradigme qui l’affectent. La mobilisation commence à poindre et ouvre le champ à des projets précurseurs. Il est l’un des concepteurs de la taxe poids lourds étendue par le Grenelle de l’environnement, sous le nom d’ "écotaxe", à l’ensemble du territoire national.