Rage. 75% veulent changer, 88% doivent continuer
21 12/09
Copenhague le dit, n'est pas Kennedy qui veut!, il est temps de s'énerver contre les gouvernants. Obama a déçu. Il a fait rager. Il n'a pas su dépasser les résistances politiques domestiques. On comprend mieux l'attitude du président quand on observe le fossé entre la pratique automobile des salariés américains, la demande réelle de ces mêmes salariés et la vision des politiques. Prenons cet article robuste, bourré de données sourcées. Explication de texte franco-anglaise.
La voiture domine et le solisme est le principe...
88% of Americans got to work by automobile in 2005... all but 11% of them driving alone
Est-ce une love affair avec l'auto ? demande l'article... Non :
When asked "which of the following proposals is the best long-term solution to reducing traffic in your area," 75% of Americans identified either more public transit or building "communities where people do not have to drive as much." Only 21% said "build more roads."
... qui conclut avec un humour cynique :
The truth is that many of us have wanted to date other modes of transportation for quite some time. But the shotgun wedding keeps us in bed with the same old lover.
Si le changement est dicté par les chiffres...
Transportation sources accounted for approximately 29% of total U.S. [greenhouse gases] emissions in 2006. It is the fastest-growing source of U.S. GHG, accounting for 47% of the net increase in total U.S. emissions since 1990.
Si l'opportunité existe pourtant...
The president's stimulus package — an ideal opportunity, it would seem, to begin to transform the American transportation system.
Rien n'y fait, les politiques résistent au changement. Sur ces fonds publics dédiés à la relance économique, près d'un tiers sont dédiés à de nouvelles infrastructures routières, moins de 3% à des "projets non motorisés" (vélo, piéton) et moins de 1% au transport public.
Ce n'est pas faute de propositions intelligentes. Dans A New Spin on Urban Mobility, Robin Chase and William Mitchell, deux Bostoniens réalistes, créatifs et experts de la ville et des mobilités sont interwiewés. Tous deux sont suffisamment réalistes pour conserver la voiture dans un dispositif multimodal élargi. La première veut rendre la voiture chère, donc mieux maîtrisée, le second veut la rendre publique et l'ajuster à nos usages dans une concertation multimode. Ils ont dû lire The limits to growth, d'autres chiffres et analyses lucides. Ils datent de 1973. C'était le Club de Rome. Va t-on faire le Club de Copenhague comme le propose Michel Serres ?


