Le périurbain saisi par l'intermodalité
11 05/09
Exposés aux Rencontres des cadres de vie, les six scénarios de périurbanité bâtis par le géographe Martin Vanier pour le compte de la DIACT (Périurbanisation (La) : problématiques et perspectives), sont autant de diagnostics pertinents pour réfléchir à l'héritage encombrant des délitements urbains. Le plus souvent mal contrôlés, voire nullement maîtrisés, ces prolifiques extensions urbaines posent de multiples questions : de la gestion du quotidien à celle des mobilités, de la maîtrise du durable à la question des gouvernances. De ces six scénarios, nous avons retenu celui le plus en cohérence avec les enjeux de mobilité d'aujourd'hui et de demain, Le périurbain saisi par l'intermodalité. Une mobilité ouverte mais contenue, pourrait-on dire, par une logique de centralités équilibrées : "Je me centre entre les centres", juste formule de Martin Vanier.
Son titre, le seul à faire explicitement référence aux mobilités, est un programme en soi. Il s'inscrit sur une perspective d'intensification des échanges d'un dispositif intercités qui détermine des parcours de 30' à 60'. Les mailles de réseaux prévalent dans cette mosaïque spatiale qui acte la dispersion urbaine mais la structure de pôle serviciel en pôle serviciel dans une trame dont on ne sait plus où sont les bords, où les radiales et les couronnes se confondent en réseaux et où chaque pôle s'arroge une autonomie qui dissuade une partie des déplacements. Ces autonomies sont d'ailleurs, mentionne Martin Vannier, lucide, autant de risques d'affrontement et d'accaparement.
Les nouveaux services deviennent le moteur de cette organisation, dit le géographe, qui souligne aussi la capacité de cette architecture territoriale de substituer un monde de services au monde des péridortoirs, majoritairement son lot aujourd'hui. On imagine que, dans ces "synapses" qui agissent comme des interfaces, se trouvent tous les services intelligents : l'intermodalité bien sûr mais aussi tous les services numériques subsidiaires des déplacements : bougez si vous voulez, mais sachez qu'il existe d'autres réponses économes de votre temps, achat ou travail à distance, livraison et autres services du dernier kilomètre... Alors, on se prend à imaginer d'enrichir ce scénario robuste par des infrastructures légères, numériques, ambiantes, omniprésentes là où les demandes l'imposent. Ce scénario est bien plus abouti que celui qui sous-tendait le colloque La ville dans les réseaux, mais il procède du même regard et de la même économie des déplacement. Il est aussi en phase avec les principes qui animent la suite du programme Villes 2.0. Si ces analyses pertinentes restent aujourd'hui dans les placards des autorités qui en ont fait la commande, gageons que des territoires sauront s'en servir. Jean-Luc Chapuis, Vice-président de Rennes Métropole, présent à la même tribune les y encourage fortement.


