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Demain, une voiture vertueuse ?


22 12/09 de Bruno Marzloff

[Tribune de Bruno Marzloff parue initialement dans le numéro 485 de Ville, Rail et Transports]

Le sénateur et vice-président du GART, Louis Nègre l'a dit en ouverture du colloque "Demain, la voiture servicielle", le stationnement est une clé de la maîtrise des mobilités urbaines et les autorités ont une responsabilité à cet égard. Tony Lessafre, dirigeant du loueur Europcar Atlantique a embrayé : n'y aura pas de solution de service sans y intégrer le stationnement. Il a été relayé par Pascale Pécheur, directrice générale de la Saemes : le succès des services à la voiture passe d'abord par une autre politique urbaine et périurbaine du parking. Robin Chase, fondatrice de ZipCar, l'a répété : les clients de Zipcar souscrivent pour beaucoup à ce service pour le parking attaché à l'offre.

 

La voiture sans stationnement n'a pas de sens. Pour autant, le stationnement doit-il être bradé ? Ne peut-il être instrumenté ? Que l'espace public soit rare et cher dans l'espace urbain dense, ceci a été dit depuis longtemps par Alfred Sauvy, et répété récemment par un autre économiste, Donald Shoup. Mais ne pas payer la place à son prix détruit les équilibres entre les modes et empêche l'émergence de services à la voiture. Les innovations servicielles de la voiture sont là, mais pas encore les conditions de son succès. Il faut dépasser les bricolages du covoiturage, donner vraiment ses chances à l'autopartage et trouver le modèle du transport à la demande. Le succès du Vélib', ce sont d'abord son réseau massif et ses stationnements. C'est aussi un système d'informations et de transactions fluides. Ces conditions prévaudront, pour Autolib puisque le projet est sous les feux de l'actualité, et plus généralement pour la voiture servicielle.

 

A dire vrai, le stationnement n'a été qu'un épisode de ce colloque placé sous le signe d'une mobilité apaisée et intégrée. La voiture y a été révisitée sous ses coutures "servicielles", passage obligé d'une voiture autrement. Plus que la nécessaire "voiture propre" et ses vertus de "l'électrique", la "voiture vertueuse" cumule les "partages", les "régulations" et bien sûr des "services". Le premier d'entre eux est d'intégrer la voiture au "marché unique de déplacements", de la faire entrer dans la composition d'un nouveau porte à porte composite, expliquait Jean Ghédira pour la SNCF lors des débats. La contribution de la voiture à ce marché est dominante et le restera, même si les opérateurs de transports publics revendiquent d'en être aussi les acteurs.C'est un défi d'innovations aussi pour les opérateurs de stationnement héritiers d'un parc souvent en porte à faux avec la demande.

 

Il est encore difficile d'entendre que la voiture devra demain sa survie à une transformation radicale de sa productivité. Elle doit polluer moins, être plus efficace et plus économique et prendre moins de place. Que son parc se réduise de manière drastique, c'est évident par le le partage et par le basculement vers d'autres modes, mais aussi par le retour vers une mobilité de proximité. Voilà pourquoi il faut faire du stationnement un levier des politiques urbaines et périurbaines. Voilà pourquoi le stationnement sera demain un service privilégié des voitures servicielle.

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